Centrafrique: La candidature de Faustin-Archange Touadéra pour un nouveau mandat divise

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, le 17 septembre 2021 à Bangui.

L'investiture de Faustin-Archange Touadéra par son parti, le Mouvement Coeurs Unis, continue de faire réagir en Centrafrique. Grâce à la nouvelle Constitution, adoptée en août 2023, le chef de l'État peut briguer un nouveau mandat. Une annonce qui divise profondément la population, à cinq mois des élections générales.

À Bangui, la candidature de Faustin-Archange Touadéra à l'élection présidentielle de décembre prochain ne passe pas inaperçue. Officiellement investi samedi 26 juillet par son parti, le Mouvement Coeurs Unis, le président centrafricain peut se présenter grâce à la Constitution promulguée le 30 août 2023, qui marque l'entrée dans une nouvelle République.

Dans les rues de la capitale, les réactions sont partagées. Pour certains, c'est une volonté claire du chef de l'État de s'éterniser au pouvoir. Pour d'autres, il est simplement le mieux placé pour poursuivre la reconstruction du pays. Le maire de la ville, lui, ne cache pas son étonnement face à cette décision : « Il s'est présenté d'abord au premier mandat comme un président qui vient juste pour corriger certaines choses après les événements, c'est-à-dire la crise militaro-politique. Il n'a pas promis de faire le troisième mandat et, à notre grande surprise, il s'est présenté comme candidat à l'élection présidentielle. »

Nouvelle République, nouveau mandat ?

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Mais pour Antoine, cette candidature ne constitue en rien une rupture des engagements initiaux. Selon lui, le contexte institutionnel a changé et ce nouveau mandat est la suite logique des choses : « Les gens disent souvent que le président Touadéra veut aller au troisième mandat, alors que non. La République a changé. On est à la septième République en ce moment. Et si Touadéra va aux élections, c'est son premier mandat pour cette République. »

À l'approche des élections générales, certains habitants craignent un possible regain de tensions. Gauthier espère que les prochains mois se passeront dans le calme : « Le gouvernement doit réfléchir et accepter l'idée du dialogue. Tous les enfants du pays doivent se retrouver autour d'une table pour discuter. Les élections doivent se tenir dans un climat apaisé. Nous voulons un scrutin équitable et transparent. On veut la paix dans le pays. »

Lors de son discours à la nation en décembre dernier, le président Faustin-Archange Touadéra s'était déclaré favorable à une rencontre avec l'opposition, à condition d'avoir un regard sur le format et le contenu des discussions. Une attitude perçue par l'opposition comme un rejet déguisé de cette initiative.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.