Cameroun: Une fraude numérique orchestrée contre Kamto par Atanga Nji selon une fuite audio

Le leader d'opposition du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) Maurice Kamto
28 Juillet 2025

L'affaire secoue les fondations de la vie politique camerounaise. Selon une fuite audio devenue virale, Dieudonné Yebga y révèle avoir modifié les données officielles du ministère de l'Administration territoriale avec l'accord explicite d'ATANGA NJI, ministre en fonction. L'objectif présumé : remplacer la direction officielle du parti MANIDEM par un faux bureau favorable à Yebga, afin de créer une irrégularité politique et bloquer la candidature de Maurice Kamto à l'élection présidentielle.

Cette manoeuvre numérique s'est concentrée exclusivement sur les données des dirigeants du MANIDEM, sans que le site du ministère ne montre de trace de piratage externe, contrairement à ce qu'a affirmé ATANGA NJI. L'explication fournie par le ministre, selon laquelle le site aurait été compromis par des forces extérieures, est ainsi démentie par les propres aveux de Yebga dans cet enregistrement. Il affirme avoir agi de l'intérieur, avec les accès et la complicité du pouvoir en place.

MEVOA Jean Benoît Bénéfice, membre connu du MANIDEM et interlocuteur de Yebga dans l'enregistrement, est aujourd'hui au coeur de cette affaire. Dans une vidéo récemment publiée, il déclare que son nom a été ajouté sans son consentement sur le site du ministère, dans ce qu'il qualifie de tentative de manipulation politique. Cette déclaration corrobore les propos de Yebga, et donne un poids supplémentaire à l'hypothèse d'une fraude institutionnelle planifiée.

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L'épisode soulève une fois de plus la question de l'instrumentalisation des outils numériques d'État à des fins partisanes. Ce qui aurait pu passer pour une simple guerre interne entre partis devient un révélateur brutal de l'état du système électoral au Cameroun. L'idée qu'un ministre puisse donner l'ordre de modifier les structures officielles d'un parti opposant pour disqualifier une candidature électorale soulève de profondes inquiétudes quant au respect des droits démocratiques.

Le silence officiel qui entoure désormais l'affaire, combiné à la recherche active de MEVOA par les forces de sécurité, entretient un climat de suspicion et d'opacité. De nombreux citoyens et observateurs s'interrogent : si le système électoral repose sur des bases aussi facilement manipulables, quelle est la valeur du scrutin lui-même ? L'affaire ATANGA NJI - YEBGA - MANIDEM - KAMTO est peut-être le signe le plus clair à ce jour d'un verrouillage politique orchestré depuis les plus hautes sphères de l'État.

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