Madagascar: 5 avions immatriculés pour l'Iran - Nouveau scandale qui secoue le régime

Christian Ntsay, assurant l’intérim du ministère des Transports et de la Météorologie, lors de la passation de service, hier, avec Valery Ramonjavelo

Alors que le régime tente de contenir l'affaire d'Ambohimalaza, une nouvelle révélation d'ampleur internationale plonge l'Exécutif dans la tourmente. Cinq avions liés à une compagnie iranienne sous embargo ont obtenu des immatriculations provisoires à Madagascar avant de rejoindre discrètement Téhéran. Un membre du gouvernement est désormais publiquement mis en cause.

Une affaire embarrassante éclate au grand jour. Cinq Boeing 777-200ER, aujourd'hui intégrés à la flotte de Mahan Airlines, compagnie iranienne sous sanctions américaines, ont bénéficié de certificats d'immatriculation provisoires, délivrés par l'autorité de l'Aviation Civile de Madagascar (ACM). Ces autorisations, attribuées dans des conditions troubles, ont permis à ces appareils de contourner les contrôles internationaux et de rejoindre l'Iran en toute discrétion entre mai et juillet 2025.

Les identifiants malgaches des avions (5R-RIS, 5R-ISA, 5R-HER, 5R-IJA et 5R-RIJ) ont été enregistrés dans le cadre d'un prétendu transfert de maintenance, via un réseau complexe de sociétés écrans, selon les informations publiées par les presses spécialisées étrangères. Dans un communiqué du 25 juillet, l'ACM admet avoir délivré un Certificat d'Immatriculation Provisoire à la société UDAAN Aviation, valable jusqu'au 17 avril 2025.

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Toutefois, l'organisme affirme que le document a été modifié sans autorisation par ladite société, pour une validité illégalement prolongée jusqu'au 12 juillet. Des documents falsifiés ont ensuite été présentés à l'étranger, ce qui a conduit à une plainte pour faux et usage de faux déposée par l'ACM. Cet organisme, qui met en jeu sa crédibilité au niveau international, affirme vouloir coopérer avec les autorités pour remonter la chaîne de responsabilité. Mais cette posture défensive ne suffit plus à apaiser les soupçons.

Abus de pouvoir

C'est une figure bien connue du régime qui vient renforcer la charge. Rinah Rakotomanga, ancienne administratrice d'Air Madagascar et actuelle employée à l'ambassade de Madagascar à Pékin, s'en prend ouvertement à un actuel ministre. Dans une déclaration virulente publiée hier dimanche sur son compte Facebook, elle interroge « pourquoi avez-vous contraint l'ACM à délivrer ces certificats d'immatriculation provisoires et ces certificats de navigabilité temporaires ? ».

Elle affirme que ces autorisations ont été obtenues sous la pression politique, dans le cadre d'une manœuvre visant à dissimuler le véritable objectif, notamment celui de transférer les avions à l'Iran tout en prétendant qu'ils étaient destinés à la relance d'Air Madagascar. « Vous avez voulu faire croire, avec votre équipe, que ces cinq avions étaient destinés à Air Madagascar, alors que tout cela relevait en réalité d'un stratagème savamment préparé pour les expédier en Iran. », écrit-elle en s'adressant au ministre. Rinah Rakotomanga dénonce un « abus de pouvoir manifeste ».

Cette affaire sur les Boeing 777 iraniens pourrait gravement nuire à l'image du pays sur la scène internationale, notamment auprès des États-Unis, en première ligne dans le régime de sanctions visant l'Iran. Il relance également le débat sur la responsabilité ministérielle, la transparence des institutions, et les limites de l'impunité dans les hautes sphères de l'État.

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