Madagascar: Affaire des Boeings 777 - Le sénat exclut une enquête parlementaire

Christian Ntsay, assurant l’intérim du ministère des Transports et de la Météorologie, lors de la passation de service, hier, avec Valery Ramonjavelo

Le président du Sénat, le général Richard Ravalomanana, n'est pas d'accord sur l'idée de mener une enquête parlementaire dans l'affaire des cinq Boeings 777 immatriculés à Madagascar et ayant finalement atterri en Iran au profit de la compagnie privée Mahan Air, sous le coup de sanctions internationales.

« Il n'est pas nécessaire de procéder à une enquête parlementaire car une enquête judiciaire est déjà en cours », a-t-il déclaré hier lors d'une conférence de presse au Sénat à Anosy.

Cette position suscite l'incompréhension, . L'article 102 de la Constitution confère aux deux chambres du Parlement le droit de créer des commissions d'enquête sur toute question d'intérêt national. L'immatriculation de ces avions dans des circonstances opaques, la possible implication de documents officiels malgaches et les répercussions diplomatiques internationales remplissent largement ce critère.

Responsabilité politique

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Une enquête parlementaire n'a pas vocation à se substituer à la justice, mais à examiner les responsabilités politiques et administratives, à formuler des recommandations, et à renforcer la transparence. Dans cette affaire, elle aurait permis de faire la lumière sur la chaîne de décisions ayant conduit à l'utilisation des documents malgaches dans une opération controversée, et de rétablir la confiance de l'opinion publique.

À l'heure où Madagascar cherche à renforcer sa crédibilité sur la scène internationale, ce silence institutionnel risque de laisser un goût amer d'impunité.

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