Guinée: Une suspension de partis politiques qui interroge

Dominic Chavez/World Bank
La vie quotidienne à Conakry, en Guinée, le 3 décembre 2014 ( image illustrative )

La suspension de trois formations politiques, dont le RPG-Arc-en-Ciel et l'UFDG, décidée vendredi 22 août 2025 par le ministère de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), suscite un vif débat sur l'opportunité et les conséquences d'une telle mesure dans le contexte actuel de la transition.

L'arrêté ministériel évoque une non-conformité aux obligations légales, relevée dans le rapport final d'évaluation des partis politiques publié en mars dernier.

Malgré un délai supplémentaire de 45 jours, le RPG-AEC, l'UFDG et le PRP n'auraient pas corrigé les manquements.

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En conséquence, ils sont suspendus pour une durée de 90 jours, avec interdiction de toute activité politique. Passé ce délai, un nouvel examen sera réalisé, assorti de la menace de sanctions plus lourdes.

Mais au-delà du cadre légal, c'est la portée politique de cette décision qui alimente les réactions. Certains observateurs estiment qu'il s'agit d'une « très mauvaise décision publique », susceptible d'avoir l'effet inverse de celui recherché.

Pour eux, suspendre des partis d'opposition majeurs risque moins de les affaiblir que de renforcer la détermination de leurs militants.

L'histoire récente de l'Afrique offre des exemples où des mesures de ce type ont poussé des forces politiques à se radicaliser ou à s'organiser dans la clandestinité.

La remarque est d'autant plus pertinente que l'UFDG et le RPG-AEC représentent une part importante de l'échiquier politique guinéen. Leur mise à l'écart, même temporaire, réduit l'espace du débat démocratique à un moment où la transition peine déjà à convaincre sur son inclusivité.

Les autorités, elles, justifient la décision par la nécessité de faire respecter la loi et de promouvoir une meilleure organisation de la vie politique.

Mais pour certains analystes, le risque est de voir la sanction interprétée comme une volonté de restreindre l'opposition dans un climat marqué par des tensions récurrentes.

En définitive, la suspension de ces partis met en lumière un dilemme classique en période de transition : concilier rigueur administrative et exigence de participation politique.

Entre l'application stricte de la loi et la recherche d'un apaisement, l'équilibre reste fragile.

 

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