Sénégal: Relations franco-sénégalaises - Un souverainisme à la sauce mafé

Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel Macron

Pour la deuxième fois en l'espace d'un an, Bassirou Diomayé Faye (BDF) est en France.Le président sénégalais séjourne en effet depuis le 26 août dernier dans l'Hexagone, où il a notamment été reçu à l'Elysée par le président Emmanuel Macron.

La dernière fois, c'était le 19 juin 2024, à l'occasion du Forum mondial pour la souveraineté alimentaire. Cette fois, c'est en qualité d'invité spécial à la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), organisée par le Medef, la principale organisation patronale du pays des Lumières. C'est donc quelque part en VRP (voyageur, représentant et placier) que BDF effectue ce déplacement.

Son séjour sera marqué essentiellement par une dimension économique. Ce sera sans doute l'occasion pour lui d'explorer les possibilités de renforcement des relations économiques entre les deux pays ou de créer de nouvelles opportunités.

On ne saurait oublier que la visite actuelle de Diomayé Faye intervient après la fermeture des dernières bases militaires françaises au Sénégal, ce qui marquait un tournant décisif dans la relation entre les deux pays.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Certes, ce n'est pas un divorce avec fracas entre la France et les pays de l'AES, comme on l'a vu ces dernières années, mais depuis l'arrivée de PASTEF, le parti au pouvoir, il y a une volonté de rééquilibrage des relations entre les deux pays, mâtinée d'un souverainisme à la sauce mafé.

Sur la table des deux chefs d'Etat, plusieurs dossiers étaient attendus, dont le plus emblématique est celui de Thiaroye. Le massacre de Thiaroye s'est déroulé le 1er décembre 1944 au camp militaire de Thiaroye, près de Dakar. Des soldats africains démobilisés à la fin de la Seconde Guerre mondiale réclamaient le paiement intégral de leurs arriérés de solde ainsi qu'une prime de démobilisation. Jusqu'à présent, une polémique subsiste sur le nombre exact de victimes et un groupe d'experts a été mis en place pour effectuer des fouilles archéologiques sur le site afin de lever un coin du voile opaque sur cette page sombre de l'histoire de la colonisation française.

Le président sénégalais parviendra-t-il à obtenir la déclassification réclamée depuis longtemps des archives militaires françaises de cette période ? C'est en tout cas son voeu, et au-delà de lui, des millions de Sénégalais, en particulier les ayants droit de ces martyrs, qui ont été payés en monnaie de singe après avoir lutté pour la liberté de la France et des Français.

Il faudra sans doute plus qu'un voyage officiel du président sénégalais en France pour obtenir satisfaction sur ce dossier, mais à tout le moins la rencontre entre les deux hommes d'Etat pourra permettre de faire bouger les lignes dans le bon sens.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 80 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.