Le bilan n'est pas encore définitivement établi mais il est suffisamment effroyable. Dimanche 31 août 2025, un glissement de terrain a englouti littéralement tout un village entier du Darfour, dans l'ouest du Soudan. Cette coulée de bout faisait suite à des pluies diluviennes qui sont tombées dans cette partie du pays, déjà meurtrie par une interminable guerre civile. C'est d'ailleurs un groupe armé local, le Mouvement/Armé de libération du Soudan (MLS), qui a annoncé la tragédie.
Tarasin, ce patelin accroché au flanc du volcan Marrah a donc été en réalité rayé de la carte. Depuis donc 48 heures, c'est une course contre la montre qui est engagée pour sauver ceux qui peuvent encore l'être, retrouver les disparus et leur prodiguer les soins dont ils ont forcément besoin en pareille circonstance. Ce n'est malheureusement pas la première fois que pareil cataclysme survient au Soudan.
A cause de son relief très accidenté, de tels drames sont bien récurrents. Qu'il s'agisse d'abris sûrs, de nourriture ou de soins de santé, ce qu'il faut craindre en effet, c'est que cette catastrophe entraîne une autre, humanitaire cette fois, comme c'est souvent le cas, qui soit propice à l'apparition d'épidémies comme le choléra. Et à l'évidence le Soudan seul ne pourra pas entreprendre le travail titanesque qui se profile à l'horizon, et le pays aura sans doute besoin de secours, à commencer par ceux de ses voisins.
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Encore faut-il que les secours puissent accéder à la zone et en toute sécurité, quand on sait que le pays est miné par d'incessants conflits depuis de nombreuses décennies. A la guerre endémique au Darfour est venu s'ajouter depuis avril 2023 le conflit fratricide entre les généraux Abdel Fattah al-Burhan, chef des Forces armées du Soudan (FAS), et Mohamed Hamdan Dagalo dit « Hemetti », qui dirige les Forces de soutien rapide (FSR), pour le contrôle du pouvoir. Une guerre qui a fini par désaxer littéralement l'Etat soudanais, et dont ces bras séculiers sont susceptibles d'être utiles en pareille circonstance.
Pour tout dire, on a bien peur que les sinistrés soient livrés à eux-mêmes dans un tel contexte. C'est à croire d'ailleurs que pour un peu seulement on croirait que les Soudanais sont un peuple martyr, constamment englué dans d'interminables problèmes sociopolitiques qui relaient au second plan la seule bataille qui vaille, celle pour le développement socioéconomique des populations.
Si encore les différents belligérants, en pareille circonstance pouvaient avoir un sursaut salvateur pour mettre en sourdine le fracas des armes et parer au plus pressé... Mais il ne faut certainement pas se faire d'illusions là-dessus, vu l'irresponsabilité générale des dirigeants politiques et des rebelles à la petite semaine, qui se battent pour le pouvoir, au grand dam des populations qui ne savent plus finalement à quel groupe armé ou général se vouer.
