Madagascar: Sénatoriales du 11 décembre 2025 - Vers un boycott de l'opposition

Les sénatoriales auront lieu le 11 décembre.

Le scrutin sénatorial du 11 décembre, validé par la Haute cour constitutionnelle après proposition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), s'annonce sous haute tension. L'opposition dénonce un processus biaisé.

Depuis plusieurs mois, les partis d'opposition fustigent la CENI et contestent la régularité des dernières élections. Ils exigent des réformes structurelles du système électoral avant toute nouvelle consultation.

« La CENI semble accorder toute son urgence à l'organisation de l'élection sénatoriale prévue le 11 décembre, mais elle garde le silence sur la question du réexamen des élections communales annulées par la justice, celles touchées par le décès de maires en exercice ou encore celles où des maires ont été condamnés », déclare Désiré Rasambany, secrétaire général du HVM.

Pour lui, la situation met en péril les droits des grands électeurs. « Il convient de rappeler qu'aucun grand électeur à travers le pays ne doit être privé de ses droits si l'on avance dans la tenue des élections sénatoriales », soutient ce cadre du parti HVM. Et d'ajouter « l'indépendance de la CENI est mise en doute, l'institution paraît suivre les instructions du gouvernement plutôt que de défendre avec fermeté les recommandations qu'elle a elle-même formulées. »

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Le responsable politique accuse également l'institution de manquer de transparence. « La CENI dispose pourtant de la possibilité de procéder à une interpellation publique lorsque la justice tarde à rendre ses décisions ou lorsque le gouvernement omet de fixer une date pour la reprise des élections communales ». Le ton est donc dur du côté des opposants. Un boycott des prochaines sénatoriales pourrait être « une option » nous a confié un membre influent de l'opposition.

Ces critiques rejoignent celles exprimées par d'autres partis d'opposition, qui soupçonnent la Commission de pencher en faveur du camp présidentiel. « Cette attitude nourrit des inquiétudes quant à une éventuelle partialité de la CENI en faveur du parti au pouvoir. Il est essentiel que l'institution reste dans le cadre légal, car une élection est avant tout une décision politique, et la CENI ne devrait subir aucune pression, quelle qu'en soit l'origine », martèle Désiré Rasambany.

En face, le parti au pouvoir se prépare sereinement. Les observateurs s'attendent à une victoire écrasante de la mouvance présidentielle. Le futur Sénat, redessiné à l'issue du scrutin, pourrait être dominé par une marée « orange », consacrant la suprématie du régime en place.

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