Plus de 40 chefs d'État et de gouvernement africains se sont réunis ce lundi 8 septembre à Addis-Abeba, en Éthiopie, pour deux jours à l'occasion de la deuxième édition du Sommet africain sur le climat. La cérémonie d'ouverture s'est tenue au Centre de conférences international de la capitale.
Le continent africain n'a contribué qu'à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais il subit déjà de plein fouet les effets du changement climatique. Chaque année, les pays africains perdent 2 à 5 % de leur PIB à cause de catastrophes climatiques. Et d'ici à 2030, jusqu'à 118 millions de personnes parmi les plus pauvres du continent pourraient subir sécheresses sévères, inondations et chaleurs extrêmes.
Ce sommet est donc présenté comme une occasion de renforcer la voix du continent, en quête de justice climatique et de financements adaptés. Lors de l'ouverture, Mohamed Ali Youssouf, président de l'Union africaine (UA), a rappelé l'urgence : il est vital de trouver des financements pour faire face aux catastrophes climatiques.
Un trillion trois cent mille dollars, c'est le montant nécessaire chaque année pour financer les plans d'adaptation au changement climatique sur le continent africain. Ce qui est proposé à l'Afrique, en revanche, ce sont seulement 300 milliards de dollars (environ 276 milliards d'euros). C'est loin d'être suffisant.
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Mohamed Ali Youssouf, président de l'Union africaine lors de l'ouverture du Sommet africain sur le climat
Jeanne Richard À l'issue de ce sommet, les dirigeants africains signeront une déclaration commune pour bien montrer leur unité et leurs engagements climatiques aux investisseurs et à la communauté internationale. Lors du premier sommet africain sur le climat les chefs d'État et de gouvernement du continent s'étaient engagés notamment à passer de 56 à 300 gigawatts d'énergies renouvelables d'ici à 2030 et plus de 23 milliards de dollars de promesses d'investissement dans les énergies renouvelables ont été faites.
« Nous ne sommes pas là pour négocier notre survie »
Mais l'Afrique ne veut plus seulement attendre que les pays riches et pollueurs tiennent leurs promesses. Dans un contexte où les aides au développement diminuent et où l'élan mondial pour le climat ralentit, le continent veut désormais mettre en avant ses atouts économiques.
« Nous ne sommes pas là pour négocier notre survie, mais pour construire la future économie climatique mondiale », s'indigne le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed. « Nous avons la population la plus jeune qui respire la créativité et l'innovation, le secteur solaire qui connaît la croissance la plus rapide au monde, les derniers puits de carbone avec nos forêts, nos tourbières et nos littoraux. De vastes terres arables, des énergies renouvelables et des gisements riches en minéraux critiques pour les technologies vertes ».
Au-delà des plaidoyers, l'objectif de ce sommet est aussi de montrer l'unité de l'Afrique sur ces questions afin de renforcer son poids dans les discussions internationales, à deux mois de la COP30, prévue du 10 au 21 novembre en Amazonie brésilienne.
