Le bilan humain varie entre la société civile et l'armée congolaise, qui admet toutefois qu'un enfant de douze ans a été tué par une balle perdue.
En République démocratique du Congo, au moins quatre personnes auraient perdu la vie lors d'une manifestation réprimée par les forces armées congolaises, dans la ville d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu. L'armée pour sa part ne reconnait qu'une seule victime.
Des milliers d'habitants ont répondu à l'appel des structures de la société civile et des miliciens Wazalendo pour réclamer le départ du général tutsi congolais, Olivier Gasita, qu'ils accusent, sans preuve, d'être favorables aux rebelles de l'AFC-M23.
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Sur l'artère principale d'Uvira, des hommes, des femmes et même des enfants sont venus des trois communes de la ville d'Uvira pour aller déposer leur mémorandum à la mairie d'Uvira.
L'armée congolaise parle de désinformation
Serge Kigwati est le coordonnateur de la société civile des nationalistes congolais. Il déplore des pertes en vies humaines dans une manifestation qui était pourtant pacifique.
"On a déposé le mémo, explique-t-il. Malheureusement certains jeunes ont été abattus à bout portant par les militaires des FARDC. Nous déplorons cela, car en tant que population, nous sommes en train de réitérer notre indignation contre la présence du général Olivier Gasita à Uvira".
De son côté, l'armée congolaise ne reconnait qu'un seul mort et appelle les manifestants au calme. Le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan est le porte-parole des opérations militaires dénommées Sukola sud Sud-Kivu. Il met en garde notamment contre toute forme de désinformation et explique que "contrairement aux informations qui circulent sur les réseaux sociaux depuis cet après-midi, le bilan fait état d'un enfant de douze ans qui a succombé, ayant été touché par une balle perdue. A ceci s'ajoutent neuf blessés, dont quatre militaires et cinq civils, à la suite des désordres, orchestrés par certains manifestants incontrôlés, qui voulaient à tout prix pénétrer l'enceinte de l'Etat major du secteur opérationnel, basé à Uvira".
L'alliance entre les FARDC et les Wazalendo
Cependant, certains Congolais estiment que la collaboration entre les FARDC et les milices Wazalendo risque de devenir une alliance impossible à l'avenir.
C'est ce que pense Fabien Bika Selemani, président national de l'Union des forces pour la reconstruction du Congo. Selon lui "le gouvernement de Kinshasa avait volontairement donné les armes aux civils Wazalendo pour soi-disant défendre la patrie, mais aujourd'hui, ils se retournent contre le même gouvernement. Nous l'avons dénoncé par le passé, affirmant que c'était très dangereux de donner les armes aux civils. Il y a plus de cinq morts aujourd'hui et des blessés. A qui profitent ces morts ? C'est Kinshasa qui a créé ce monstre qu'il ne sait plus maitriser".
L'armée congolaise appelle au calme et à ne pas céder à la panique. Elle certifie que la sécurité est rétablie dans la zone pour l'instant.
