Afrique: Sommet africain d'Addis Abeba sur le climat - Harmoniser les vues pour mieux se faire entendre

Fin du Sommet africain sur le climat
8 Septembre 2025

Du 8 au 10 septembre 2025, l'Afrique tient son deuxième sommet sur le climat au Centre de conférences international d'Addis-Abeba, la capitale de l'Ethiopie.

Une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernements africains et des dirigeants mondiaux prennent part à cette réunion de haut niveau, qui connaît aussi la participation de nombreux militants et de représentants de grandes entreprises et d'institutions. Placé sous le thème « Accélérer les solutions climatiques mondiales : financement pour un développement résilient et vert de l'Afrique », ce sommet africain sur le climat qui en est à sa deuxième édition, vise à « positionner l'Afrique comme un leader et un fournisseur de solutions dans l'agenda climatique mondial », selon une note lue sur le site officiel de l'Union africaine (UA).

L'opportunité de ce sommet africain sur le climat, n'est plus à démontrer

L'objectif étant de fédérer les énergies et d'harmoniser les vues en prélude aux grandes instances internationales à venir, en l'occurrence l'Assemblée générale de l'ONU prévue pour le 23 septembre 2025 à son siège à New-York aux Etats-Unis, le sommet du G20 qui se tiendra les 22 et 23 novembre 2025 à Johannesburg en Afrique du Sud et la COP 2025 prévue du 10 au 21 novembre à Bélem dans le Nord du Brésil, en plein coeur de l'Amazonie. Autant de tribunes où l'Afrique veut se donner des chances de faire porter sa voix, pour ne pas rester le parent pauvre de la lutte contre le dérèglement climatique.

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D'où cette rencontre de clarification des priorités du continent noir qui est le faible contributeur à la pollution, mais qui subit le plus les effets néfastes du changement climatique. Un continent qui a besoin de coordonner ses actions dans un contexte où les grandes puissances qui ne sont pas par hasard les plus grands pollueurs, rechignent à tenir leurs engagements envers l'Afrique. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'en organisant un sommet du genre dans un contexte où les priorités sont nombreuses, l'Afrique semble décidée à prendre son destin en main pour ne pas avoir à subir indéfiniment le poids de la crise climatique.

Et elle a d'autant plus compris la nécessité de s'unir qu'au-delà de l'adage selon lequel « l'union fait la force », elle veut pouvoir peser dans la balance des décisions internationales à l'effet d'obtenir cette justice climatique que les grandes puissances tendent à lui refuser, en ne tenant pas leurs promesses. Le défi, pour l'Afrique, étant de trouver les voies et moyens de mobiliser des ressources financières suffisantes pour réduire la vulnérabilité du continent aux impacts du changement climatique.

C'est dire si l'opportunité de ce sommet africain sur le climat, n'est plus à démontrer. Et cette deuxième édition était d'autant plus attendue qu'il s'agit de maintenir la dynamique du premier sommet tenu en 2023 à Naïrobi, au Kenya, et où l'Afrique s'était déjà fixé de grands objectifs. Autant dire que ce sommet d'Addis Abeba se veut un tournant aussi bien qu'un moment décisif pour le continent noir en quête de solutions durables à la crise climatique.

L'Afrique ne manque pas d'atouts, encore moins d'arguments pour faire entendre sa voix

La question qui se pose est de savoir si les desideratas de l'Afrique seront pris en compte au niveau des instances internationales. La question est d'autant plus fondée que la voix de l'Afrique peine à être audible au sein de ces instances où les grandes puissances ont tendance à peser sur les décisions dans le sens de leurs intérêts. C'est dire si ce combat de l'Afrique pour une justice climatique, s'annonce comme une lutte de longue haleine.

Mais mieux le continent noir montrera un front uni, mieux il aura de chances de se faire entendre. Le fait est qu'aujourd'hui, l'Afrique semble accuser un grand retard dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais tout porte à croire que cela est moins par manque de volonté politique comme cela se voit parfois dans des pays du Nord dirigés par des climato-sceptiques, que par manque de moyens financiers sur un continent où tout est prioritaire.

En tout état de cause, avec 60% du potentiel solaire mondial et près de 40%du potentiel en énergies renouvelables, l'Afrique dont le sous-sol regorge par ailleurs de minéraux essentiels à la transition écologique, ne manque pas d'atouts, encore moins d'arguments pour faire entendre sa voix. Et au-delà de la lutte pour une justice climatique, il lui revient de montrer sa capacité à mobiliser des financements et à trouver des solutions innovantes et durables face à la question climatique. Il y va de l'intérêt du continent et de la crédibilité de ses dirigeants.

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