Les pressions familiales et sociales, le stress, l'anxiété et la dépression deviennent de plus en plus fréquents. Au-delà de ce qui peut sembler banal, ces aspects liés à la santé mentale s'imposent aujourd'hui comme une réalité préoccupante au sein de nos sociétés.
Souvent peu abordée, la santé mentale reste entourée de moqueries et de stigmatisation. Ceux qui en souffrent deviennent des sujets de débat, parfois traités avec dérision, surtout en Afrique. Dépression, bipolarité, angoisse ou burn-out demeurent ainsi couverts de préjugés, reléguant la rigueur médicale au second plan, y compris au sein de certains foyers.
Selon de récentes données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus d'un milliard de personnes vivent avec un trouble mental. Des affections comme l'anxiété et la dépression entraînent d'immenses pertes humaines et économiques. L'OMS souligne que ces troubles figurent parmi les principales causes d'invalidité de longue durée, augmentant ainsi les coûts de santé pour les familles et crevant considérablement l'économie mondiale.
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Dans une interview accordée à allAfrica Mme Khady Samb, journaliste, sociologue et doctorante en anthropologie médicale à l'Université Laval (Canada) explique que « la santé mentale peut se comprendre comme un équilibre qui permet à chacun de faire face aux difficultés de la vie, de maintenir des relations sociales stables et de trouver un sens à son existence. Ce n'est pas simplement l'absence de troubles, mais une capacité à se tenir debout malgré les épreuves, à se projeter dans l'avenir et à participer à la vie de sa communauté. » A l'en croire, la santé mentale ne se limite pas à une pathologie mais aussi à la force de garder espoir, de résister et de rester actif dans sa communauté. Cependant, beaucoup sombrent dans le néant de ces troubles faute d'une prise en charge adéquate. Au Sénégal, par exemple, l'actrice Halima Gadji, figure bien connue de la scène artistique africaine, a contribué à lever le voile sur cette réalité en dévoilant publiquement son état sur les réseaux sociaux.
Dans cette optique, son frère, l'acteur et réalisateur Kader Gadji, lui a dédié un court-métrage. Il précise d'ailleurs qu'il a « écrit ce court-métrage pour elle, pour mettre des images et des mots sur une douleur que la société a tendance à ignorer », a-t-il confié dans une publication en ligne. Si la question des violences faites aux femmes est régulièrement débattue sur la place publique, celle des troubles mentaux suscite elle aussi de vives réactions. Malheureusement, ces discussions basculent souvent dans la moquerie, empêchant un véritable débat de société. Toutefois, un véritable besoin demeure celui de savoir distinguer les troubles mentaux de la folie, mais surtout de trouver un traitement adéquat à cette triste réalité qui sévit peu à peu en Afrique et ailleurs.