Soudan: L'ONU tire la sonnette d'alarme face à l'aggravation de la crise à El Fasher, au Darfour

Jamal Une caravane de familles déplacées fuyant El Fasher, dans le nord du Darfour, en quête de sécurité (photo d'archives).
21 Septembre 2025

Le Secrétaire général de l'ONU est très inquiet de la détérioration rapide de la situation à El Fasher, la capitale du Darfour du Nord, au Soudan, mettant en garde contre les risques croissants pour les civils pris au piège dans la ville assiégée.

Le siège d'El Fasher par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), qui dure depuis plus de 500 jours, se resserre de plus en plus, les attaques contre les civils s'étant intensifiées ces dernières semaines. La majorité des habitants du camp de déplacés d'Abou Shouk, situé à proximité, auraient fui suite aux bombardements et aux raids incessants.

« Les combats doivent cesser immédiatement », a déclaré le Secrétaire général António Guterres dans un communiqué publié par son porte-parole samedi soir.

Il a réitéré son appel à « une cessation immédiate des hostilités à El Fasher, ainsi qu'au respect et à la protection des civils et à la facilitation d'un accès humanitaire sûr, sans entrave et durable ».

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Le chef de l'ONU a également souligné qu'un passage sûr doit être assuré aux civils souhaitant partir volontairement.

Attaque contre une mosquée

L'avertissement du Secrétaire général fait suite à l'attaque contre une mosquée d'El Fasher vendredi, qui aurait tué des dizaines de civils pendant les prières du matin.

La Coordonnatrice humanitaire des Nations Unies au Soudan, Denise Brown, s'est dite « profondément alarmée » par cette frappe, soulignant que le droit international humanitaire exige la protection des sites religieux et de leurs fidèles.

« Diriger intentionnellement des attaques contre des édifices religieux constitue également un crime de guerre. Cette attaque, qui aurait été menée par les FSR, doit faire l'objet d'une enquête et ses auteurs doivent rendre des comptes », a-t-elle déclaré dans un communiqué séparé.

Urgence humanitaire

La situation à El Fasher et dans les camps environnants s'est considérablement dégradée depuis que la famine a été identifiée dans la région l'année dernière.

Le risque de violences à motivation ethnique augmente également à mesure que les combattants progressent dans la ville.

A travers le Soudan, les civils continuent de subir les conséquences du conflit entre les FSR et les Forces armées soudanaises (FAS), qui fait rage depuis avril 2023 et a fait des milliers de morts et contraint des millions d'autres à quitter leur foyer.

Appel à une action mondiale

M. Guterres a exhorté les deux parties à engager rapidement un dialogue afin de mettre fin aux hostilités et de reprendre les négociations en vue d'une solution politique durable.

Il a également appelé à une « action internationale concertée en soutien au peuple soudanais » alors que les dirigeants mondiaux se réunissent à New York cette semaine pour l'Assemblée générale des Nations Unies.

L'Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Soudan, Ramtane Lamamra, « se tient prêt à soutenir les efforts sincères visant à mettre fin au conflit et à instaurer le processus politique inclusif exigé par le peuple soudanais », indique le communiqué.

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