Tensions en hausse à Tana. Malgré l'interdiction préfectorale, les manifestants de « Tsy manaiky lembenana » maintiennent leur appel. Les Forces de l'ordre sont en alerte maximale.
La journée de ce 25 septembre s'annonce particulièrement tendue dans la capitale. Malgré l'interdiction formelle du préfet d'Antananarivo, les organisateurs du mouvement « Tsy manaiky lembenana » et « Leo délestage » maintiennent leur appel à manifester ce jour à Ambohijatovo. Une initiative qui risque de déboucher sur des heurts, d'autant plus que des contre-manifestants proches du régime auraient, selon certaines sources, également prévu de se mobiliser.
Les Forces de l'ordre, réquisitionnées par le préfet Angelo Ravelonarivo, ont été mises en alerte maximale. Des barrages devraient être érigés aux abords du rond-point d'Ambohijatovo, afin d'en interdire l'accès. L'objectif affiché : éviter tout rassemblement non autorisé et prévenir tout débordement. Mais dans un contexte aussi électrique, les risques d'affrontements demeurent élevés. Depuis quelques jours, les réseaux sociaux bruissent de messages parfois virulents, alimentant un climat de tension palpable.
Panique
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Alors que l'appel à manifester semble gagner du terrain auprès d'une frange de la population excédée par les délestages et les coupures d'eau, le ton monte également du côté des autorités qui montrent une certaine panique.
Le gouverneur de la région Analamanga, Hery Rasoamaromaka, a reconnu que « le régime a aussi ses partisans, prêts à défendre sa position », tout en appelant à la retenue pour « éviter une situation néfaste pour le pays ». Même son de cloche du côté de Désiré Rafidimanana, député du IVe arrondissement et figure du mouvement Tanora Miandrandra ny Hoavy (TMH), qui affirme ne pas se laisser intimider par les menaces circulant sur les réseaux sociaux.
Autre manifestation
Malgré une légère amélioration constatée ces deux derniers jours sur le front du délestage, cela semble insuffisant pour calmer la colère des citoyens. Pour bon nombre d'entre eux, il ne s'agit plus seulement de réclamer de l'électricité, mais de faire entendre une exaspération bien plus large. Le rendez-vous est fixé à 11 heures pour les citoyens, qui s'organisent sur les réseaux sociaux, les Conseillers municipaux ont aussi prévu une mobilisation tandis qu'une autre manifestation serait prévue à 17 heures.
Musclé
Du côté des Forces de l'ordre, le dispositif habituel a été renforcé. Des renforts venus d'Ambositra, d'Antsirabe et de Moramanga auraient été mobilisés, selon des informations concordantes. Les autorités craignent non seulement une confrontation entre pro et anti-régime, mais surtout des heurts entre manifestants et forces de sécurité, en plein coeur de la capitale. Dans cette ambiance survoltée, une seule certitude : la journée de ce jeudi sera scrutée de près, aussi bien par la population que par la communauté internationale, dans un contexte politique où la moindre étincelle pourrait raviver les braises de l'instabilité.
