Le Groupe de la Banque africaine de développement a participé à la quatrième Conférence internationale des Nations unies sur le financement du développement (FFD4) à Séville, dans le sud de l'Espagne. L'institution a plaidé en faveur d'une réforme globale de l'architecture financière mondiale visant à relever les défis du financement du développement en Afrique et à débloquer des investissements pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD). Kevin Chika Urama, économiste en chef et vice-président chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances, conduisait une petite délégation du Groupe de la Banque à cette occasion.
La conférence s'est déroulée dans un contexte de profondes mutations, d'incertitudes géopolitiques croissantes et de risques systémiques accrus. Selon le Rapport sur le développement durable 2025, publié en juin dernier, les progrès vers la réalisation des ODD sont loin d'avoir répondu aux attentes, moins de 20 % des indicateurs étant en bonne voie. Le déficit de financement mondial s'est considérablement creusé et s'élève désormais à environ 4 000 milliards de dollars par an, le déficit de transformation structurelle de l'Afrique étant estimé à 402,2 milliards de dollars par la Banque.
Lors des différentes tables rondes, M. Urama a souligné que l'aide publique au développement n'était pas une source durable de financement du développement. Il a appelé la communauté financière internationale à trouver un consensus sur une augmentation durable du financement concessionnel à long terme du développement.
Le Groupe de la Banque a également présenté des recommandations détaillées pour réformer l'architecture financière et la structure de la dette à l'échelle mondiale, qui sont inadaptées à l'Afrique. Prenant l'exemple de la pandémie de la Covid-19, M. Urama a fait remarquer que les pays africains n'avaient reçu collectivement que 4,5 % des droits de tirage spéciaux du FMI, un montant bien insuffisant au regard des défis budgétaires, économiques et sociaux urgents auxquels le continent était confronté à cette époque.
L'économiste en chef du Groupe de la Banque africaine de développement a également souligné la nécessité pour l'Afrique de disposer de financements à long terme et à faible coût pour le développement, de mécanismes plus rapides de résolution de la dette et d'une participation inclusive au processus décisionnel afin d'influencer l'allocation des ressources mondiales. Pour y parvenir, il faudra une coopération étroite entre la Banque mondiale, le FMI et les banques régionales de développement, une utilisation plus innovante du capital-risque pour mobiliser les capitaux privés et une réforme urgente de l'architecture financière mondiale.
Toutefois, M. Urama a insisté sur le fait que les pays africains devaient mobiliser davantage de ressources nationales, notamment en tirant parti du capital naturel et des ressources humaines, en améliorant le recouvrement des impôts, en renforçant l'efficacité des dépenses publiques et en luttant contre les flux financiers illicites.
À Séville, la délégation du Groupe de la Banque a également participé à des sessions consacrées à la mobilisation des ressources nationales et à l'accélération du développement de l'Afrique dans un monde multipolaire.
Au cours de cette dernière session, Alexandre Kopin a présenté le rapport « Cadre stratégique pour les actions clés visant à réaliser une croissance inclusive et un développement durable en Afrique », produit conjointement par le Groupe de la Banque africaine de développement, la Commission de l'Union africaine et l'Agence de développement de l'Union africaine/NEPAD. Ce rapport expose une vision stratégique pour un développement durable dans un monde multipolaire.