Kenya: Procès du massacre de Shakahola - Le journal d'un fidèle de la secte détaille la mort de dizaines d'enfants

Paul Mackenzie au premier plan (en polo noir et blanc) et des co-accusés au procès pour «terrorisme» du massacre de Shakahola, le 8 juillet 2024 à Mombasa. (Archives)

À Mombasa se déroule actuellement le procès de Paul Mackenzie, pasteur de l'Église internationale de la bonne nouvelle, pour meurtre et torture sur enfant, à l'origine de la mort de centaines de fidèles dont les dépouilles avaient été découvertes à partir de mars 2023 dans le sud-est du Kenya. La divulgation du journal intime d'un porté disparu jette une lumière crue sur le décès de jeunes victimes.

Au Kenya, le procès du pasteur Paul Mackenzie pour meurtre et torture sur enfant se poursuit à Mombasa. Ce prêcheur est accusé d'avoir provoqué la mort par famine de plus de 450 personnes, dont les deux tiers étaient des enfants.

Cette semaine au tribunal, le bureau du procureur a présenté le journal intime d'un fidèle. Il raconte ce qu'il se passait dans la forêt de Shakahola.

C'est dans quatre cahiers que le dénommé Moses Kahindi a chroniqué la vie de l'Église internationale de la bonne nouvelle de Paul Mackenzie. « C'était un archiviste méticuleux », raconte à la barre, Jimmy Mganga, son fils.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Les cahiers démarrent en 2015 et leur récit s'étend jusqu'en mars 2023, date à laquelle Moses Kahindi disparait. Le journal révèle que, dès 2021, des fidèles, et surtout des enfants, commencent à mourir.

Dans un chapitre que Moses Kahindi intitule « Ceux qui sont passés de l'autre côté », il en tient le registre. Au total, il dénombre 38 morts en trois ans. Parfois, une dizaine d'enfants décèdent en une seule semaine.

Le chapitre « Demander pardon pour ma famille » intervient après que Moses Kahindi a lui-même enterré quatre de ses fils. Il écrit alors : « Je pardonne à mes enfants. Même ceux qui ne sont pas présents. »

« Si les enfants entravaient la route des parents pour le paradis, il recommandait de les éliminer »

À la barre, Samuel Chome, ancien adepte de la secte, raconte le mépris de Paul Mackenzie pour les mineurs. « S'ils entravaient la route des parents pour le paradis, il recommandait de les éliminer », explique-t-il.

D'après les médecins légistes, plus de 190 enfants ont été retrouvés dans le charnier de Shakahola.

Les restes de centaines de personnes avaient été exhumés en 2023 dans la forêt de Shakahola, une vaste zone de « bush » de la côte kényane. Les victimes présumées avaient suivi le pasteur autoproclamé et ancien chauffeur de taxi Paul Nthenge Mackenzie, qui est accusé de les avoir incitées à jeûner à mort pour « rencontrer Jésus » avant la fin du monde prévue cette année-là. Un procès pour terrorisme s'était également ouvert à l'encontre de Paul Nthenge Mackenzie et de plus de 90 co-accusés, en juillet 2024 à Mombasa, mais est suspendu depuis plusieurs mois.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.