Kenya: Au procès du massacre de Shakahola, les techniques du pasteur Mackenzie révélées dans ses portables

Paul Mackenzie au premier plan (en polo noir et blanc) et des co-accusés au procès pour «terrorisme» du massacre de Shakahola, le 8 juillet 2024 à Mombasa. (Archives)

Au Kenya, les procès fleuves de Paul Mackenzie se poursuivent, les audiences se tenant cette semaine-ci à la Cour pour enfants de Tononoka, à Mombasa, sur la côte kényane. Le pasteur et 35 co-accusés sont soupçonnés notamment de cruauté et torture sur des enfants après la découverte de plus de 450 dépouilles en 2023 dans la forêt de Shakahola, où il prêchait un jeûne absolu pour rejoindre Jésus. L'analyse de ses téléphones portables a été présentée vendredi 5 septembre à la Cour.

À la barre, Joseph Kolum, inspecteur de police en chef, prévient : « l'ampleur des éléments apportés par l'analyse des deux téléphones portables de Paul Mackenzie est colossale.

Des milliers de conversations WhatsApp sont regroupées dans un document de près de 76 000 pages. Des prêches du pasteur Paul Mackenzie sont également regroupés dans des documents pdf, des audios et des vidéos.

Les occurrences les plus fréquentes sont les mots « jeûne, prophétie, Antéchrist, la Bête, nouvel ordre mondial ou encore le numéro 666 », comme l'a révélé la cour.

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Dès 2020, Paul Mackenzie contacte l'ensemble de ses fidèles à travers le Kenya pour leur demander de s'installer à Shakahola. « Ma mission est achevée, écrit-il, il faut maintenant attendre le Seigneur dans la nature », une rencontre qui ne pourra se faire que dans le jeûne absolu, chaque fidèle se laissant mourir de faim pour « s'unir à Jésus ».

Pour arriver à ses fins, le pasteur donnait alors des directives claires. D'abord, se couper de la société et déscolariser les enfants, refuser les soins médicaux, entre autres. Ensuite, acheter un lot dans la forêt de Shakahola et se donner à la cause.

Sur les 450 dépouilles retrouvées dans la forêt, près de la moitié sont des enfants.

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