Une escalade dramatique de la crise politique secoue Madagascar, marquée par la destitution du président Andry Rajoelina par l'Assemblée nationale et l'annonce immédiate d'une prise de pouvoir par une unité militaire.
Le Président destitué et reclus
Le président Andry Rajoelina est au centre de la crise depuis son départ inattendu du territoire. Le 12 octobre, il avait été "exfiltré" de Madagascar par un avion militaire français, sa destination restant incertaine, une information révélée par RFI. Le lendemain, le 13 octobre, depuis un "lieu sûr", il avait écarté toute démission, appelé au respect de la Constitution et évoqué une "tentative de meurtre", selon RFI.
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Cependant, le mardi 14 octobre, alors que Rajoelina restait reclus dans un lieu inconnu, l’Assemblée nationale a voté sa destitution pour abandon de poste. Au total, 130 des 163 députés ont voté en faveur de cette destitution, dépassant ainsi la majorité des deux tiers requis, précise Le Figaro.
En riposte, le président Rajoelina avait diffusé quelques heures plus tôt un décret "portant dissolution de l’Assemblée nationale", que l'opposition a jugé illégal. Pendant le vote, Rajoelina a dénoncé, via les services de la présidence, une réunion "dépourvue de toute base légale". Il est à noter que la destitution doit encore être formellement déclarée par la Haute Cour constitutionnelle.
Une unité militaire annonce « prendre le pouvoir »
La confusion institutionnelle a atteint son paroxysme juste après le vote de l'Assemblée. Une unité militaire, s’étant ralliée au mouvement de contestation populaire, a annoncé "prendre le pouvoir".
Le colonel Michael Randrianirina a pris la parole devant le palais présidentiel dans la capitale. Il a déclaré : « On va prendre le pouvoir à partir d’aujourd’hui et on dissout le Sénat et la Haute cour constitutionnelle. L’Assemblée nationale, on la laisse continuer à travailler ».
Madagascar est plongé dans une grave incertitude, confronté à un vide de l'exécutif, une dissolution contestée du Parlement et une annonce de coup de force militaire, plaçant l'avenir institutionnel du pays dans une situation extrêmement fragile.
