Cameroun: Paul Biya réélu pour un huitième mandat

Le Conseil constitutionnel du Cameroun a confirmé, le 27 octobre, la réélection du président Paul Biya pour un huitième mandat, avec 53,66 % des suffrages face à Issa Tchiroma Bakary, crédité de 35,19 %.

La victoire de Paul Biya prolonge un leadership entamé en 1982 et confirme la continuité d'un pouvoir qui a su préserver, malgré les turbulences, la stabilité institutionnelle du pays et son rôle d'acteur pivot en Afrique centrale. Sur la scène régionale, sa reconduction est perçue par plusieurs capitales africaines comme un facteur de stabilité dans un environnement marqué par les transitions incertaines au Tchad, en Centrafrique et au Gabon.

Le Cameroun, membre clé de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale et partenaire stratégique du Nigeria, reste un pilier de médiation diplomatique et de coopération sécuritaire face aux menaces transfrontalières, notamment celles liées à Boko Haram et à la piraterie dans le golfe de Guinée.

Les partenaires internationaux, parmi lesquels la France, la Chine et l'Union africaine, ont salué un processus électoral « globalement apaisé », tout en appelant à un dialogue inclusif avec l'opposition. Yaoundé entend s'appuyer sur ce soutien pour renforcer son positionnement économique et géopolitique, précisément à travers des projets régionaux d'intégration énergétique et d'infrastructures financés par la Banque africaine de développement.

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Sur le plan intérieur, le chef de l'État a promis un « pacte de confiance nationale » axé sur la paix, la modernisation et l'unité. Son programme économique vise une croissance de 5 % d'ici à 2027 grâce à la relance du secteur énergétique, à la digitalisation de l'administration et à la promotion des petites et moyennes entreprises. Ces réformes, conjuguées à la stabilité politique, devraient consolider l'attractivité du Cameroun auprès des investisseurs étrangers, particulièrement dans le gaz naturel et l'agro-industrie.

Malgré quelques tensions post-électorales à Douala - qui ont fait quatre morts - et à Garoua, rapidement maîtrisées, la situation reste sous contrôle. Observateurs et diplomates voient dans cette réélection un signal de continuité et de prudence, dans une région où les alternances chaotiques fragilisent souvent les institutions.

À l'aube de ce nouveau mandat, Paul Biya apparaît une fois encore comme l'un des garants d'un équilibre fragile entre stabilité intérieure et influence régionale, un rôle que le Cameroun entend consolider au coeur de l'Afrique centrale.

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