Madagascar: L'immunité diplomatique jouera-t-elle en faveur de Mamy Ravatomanga ?

Mamy Ravatomanga de retour à la FCC.

Sous haute surveillance médicale et dans un climat de sécurité renforcée, l'homme d'affaires malgache Mamy Ravatomanga s'est présenté hier au siège de la Financial Crimes Commission (FCC). Arrivé en ambulance, escorté par trois membres du personnel médical et vêtu d'un gilet pare-balles, il était escorté d'un dispositif sécuritaire impressionnant: un van de la SSU, des policiers à moto, une voiture d'enquêteurs de la FCC et le personnel médical dans l'ambulance.

🔵 L'enquête se concentre sur Junaid Fakim, le blanchiment d'argent et l'analyse des données téléphoniques

Pendant quatre heures, Mamy Ravatomanga a été interrogé à propos de ses 200 sociétés opérant à Maurice, de sa rencontre avec l'homme d'affaires Junaid Fakim, et du volet «blanchiment d'argent». Chaque heure, il bénéficiait de pauses médicales supervisées par son médecin traitant, le Dr Yearoo, afin de garantir la stabilité de son état et l'administration régulière de ses médicaments.

L'arrivée de Ravatomanga, minutieusement organisée, a tendu l'atmosphère. Les journalistes étaient braqués sur le cortège sécuritaire, les caméras capturant chaque mouvement du van de la SSU, des riders de la police et de la voiture d'en- quêteurs de la FCC. Le personnel médical restait à proximité, prêt à intervenir si besoin. La vigilance était maximale, compte tenu de la sensibilité de l'affaire et de la notoriété du magnat.

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Les enquêteurs cherchent à comprendre le fonctionnement précis des 200 sociétés que contrôle Mamy Ravatomanga à Maurice. Certaines structures sont soupçonnées d'avoir été utilisées pour masquer des transferts de fonds transfrontaliers. Selon l'enquête, des flux de plusieurs millions de roupies ont transité par des comptes liés à ses entreprises, certaines désormais inactives ou enregistrées sous différentes dénominations.

Une large partie de l'interrogatoire a porté sur les échanges entre Ravatomanga et Junaid Fakim, commissaire démissionnaire de la FCC. Cette dernière tente de déterminer la nature de cette rencontre ainsi que l'identité des autres personnes présentes.

Sociétés écran

Le volet «blanchiment d'argent» constitue le segment le plus sensible de l'enquête. Les enquêteurs financiers de la FCC examinent les structures de financement et les entreprises écran utilisées pour réintroduire des fonds à Maurice sous forme d'investissements. Cette audition constitue une avancée importante dans une enquête mêlant finance internationale, intérêts économiques et ramifications politiques.

L'interrogatoire a été interrompu chaque heure, afin que son médecin s'assure que Ravatomanga puisse continuer sans risque pour sa santé. À la fin de la session, il a été reconduit à la clinique Premium Care pour observation médicale, conformément aux recommandations de son avocat, Me Siddhartha Hawoldar.

«Mon client passera demain en cour pour ses charges provisoires. Pour l'instant, il coopère pleinement.» Mamy Ravatomanga se présentera donc devant la cour de Port-Louis Sud pour répondre des deux charges provisoires, selon les articles 38 et 36 de la FCC Act sur le blanchiment d'argent et les fonds issus d'activités criminelles.

Enter la Côte d'Ivoire

Une délégation de Côte d'Ivoire est attendue la semaine prochaine à Maurice pour discuter du cas de Mamy Ravatomanga, consul honoraire de ce pays. L'immunité diplomatique pourrait-elle jouer en sa faveur ? Cette question reste ouverte, alors que les implications financières et politiques de ce dossier continuent de croître, plaçant le magnat au centre d'un réseau complexe d'affaires et de relations diplomatiques.

Les prochaines semaines seront cruciales pour Mamy Ravatomanga, dont le nom est désormais associé aux affaires de blanchiment et de corruption transfrontalières dans la région de l'océan Indien. Son état de santé, le rôle de la diplomatie et la vigilance des enquê- teurs de la FCC détermineront l'issue de cette affaire stratégique.

Nous avons demandé des précisions à Me Siddhartha Hawoldar, qui a indiqué ne pas être au courant de certaines informations concernant la suite de l'enquête.

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