Afrique Centrale: Au coeur de la bataille Boeing-Airbus pour un marché aérien en pleine ascension

Airbus A320neo

La croissance du trafic aérien africain - +6 % par an selon Boeing - redessine les cartes d'un marché longtemps marginalisé.

Et si l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique australe concentrent aujourd'hui les annonces de commandes, l'Afrique centrale apparaît désormais comme l'un des terrains les plus convoités par les avionneurs, portée par une urbanisation rapide, l'essor du fret et une demande croissante de connectivité régionale.

Un marché encore modeste, mais stratégiquement incontournable

Les prévisions sont claires : Boeing estime que la flotte africaine doublera d'ici 2044 pour atteindre 1 680 appareils, quand Airbus anticipe 1 460 avions livrés d'ici 2043.

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Dans ce paysage, l'Afrique centrale - CEMAC et RDC comprise - reste sous-équipée, avec moins de 70 avions commerciaux en exploitation, mais représente l'une des plus fortes marges de progression du continent.

Selon les spécialistes de l'avation civile, les besoins prioritaires sont : des monocouloirs pour les liaisons domestiques et intrarégionales; des cargos pour soutenir le commerce transfrontalier; quelques gros-porteurs pour connecter Douala, Libreville, Brazzaville ou Kinshasa aux hubs du Golfe, de Paris ou d'Istanbul.

Boeing conserve l'avantage... mais Airbus perce enfin

Avec près de 70 % de parts de marché sur le continent, Boeing reste dominant : 737 NG, 737 MAX et 767 cargo équipent la majorité des flottes opérant en Afrique centrale.

Les autorités du secteur soulignent la robustesse, la disponibilité des pièces et l'héritage des décennies d'exploitation de Boeing au sein d'Air Afrique, Camair-Co, Equaflight, Congo Airways ou TransAir Congo.

Airbus, longtemps minoritaire, accélère pourtant sa pénétration :

une flotte Airbus croissante en RDC,

une présence désormais visible chez Afrijet (Gabon) via des ATR et un futur intérêt pour l'A220,

un réseau industriel marocain qui sécurise l'approvisionnement en pièces pour le continent,

et un centre africain de support client qui rassure les exploitants.

Un enjeu stratégique : la formation

Boeing estime que l'Afrique aura besoin de 74 000 pilotes, techniciens et membres d'équipage d'ici vingt ans. Or, l'Afrique centrale manque cruellement d'écoles certifiées, ce qui en fait un marché de formation que se disputent déjà Boeing Global Services et Airbus Training Services.

Les États, eux, voient plus loin : attirer les avionneurs, c'est aussi créer des emplois, moderniser les hubs de Douala, Libreville ou Kinshasa, et renforcer l'intégration régionale.

Un marché qui entre enfin dans la « carte du monde »

Après des décennies d'attentisme, l'Afrique centrale n'est plus un angle mort. Pour Boeing comme pour Airbus, la région devient un laboratoire : celui où se jouera une partie de la croissance mondiale du transport aérien d'ici 2040.

Le marché est encore petit - mais désormais incontournable

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