Les Huit millions d’électeurs ivoiriens se rendront aux urnes ce samedi 27 décembre 2025, pour élire les 255 députés qui vont composer l’Assemblée nationale, actuellement dominée par la majorité présidentielle du RHDP, qui a porté la candidature victorieuse du Président Alassane Ouattara pour un 4ème mandat le 25 Octobre dernier.
Cette compétition électorale arrive à un tournant majeure de la vie politique en Côte d’ivoire, car elle arrive à un temps voisin de la victoire écrasante (98%) d’Alassane Ouattara. Même si l’on peut relativiser l’amplitude de ce score du fait de l’absence des deux partis historiques, le PDCI-RDA et le PPA-CI de Laurent Gbagbo, les faits parlent et expriment la mobilisation optimale de l’électorat du RHDP. Une telle mobilisation est –elle encore possible deux mois après la présidentielle, pour garantir à la mouvance présidentielle une majorité parlementaire apte à lui permettre de gouverner sereinement, et comme le souhaitent certains hiérarques du camp présidentiel, permettre au Président Ouattara de faire un mandat de transition ? Rien n’est moins sûr.
Et pourtant c’est tout l’enjeu de ce scrutin pour la mouvance présidentielle, raison pour laquelle tout le gotha du gouvernement s’est engagé dans les listes ou comme acteurs d’une campagne qui a n’a pas fini d’effacer les stigmates de la présidentielle, du côté du pouvoir comme celui de l’opposition.
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En effet, 22 ministres au moins, y compris le « Primus inter pares » sont investis dans leurs circonscriptions, ce qui quelque part est « une obligation de victoire » pour se maintenir à son poste, afin de poursuivre l’agenda du 4ème mandat présidentiel. Dans le même temps les candidatures indépendantes au sein du RHDP sont fermement réprimées pour stopper toutes velléités de contestations des investitures à la base.
Le même phénomène est aussi constaté dans les rangs de l’opposition, où l’on note aussi plusieurs candidatures indépendantes de figures connues comme moins connues, ce qui tout compte fait apportent un nouveau souffle à la vie politique et probablement à la vie parlementaire, en dépit du boycott du PPA-CI de Laurent Gbagbo, qui d’ailleurs à exclu 22 de ses cadres qui ont bravé la consigne de boycott de leur parti.
Le PDCI-RDA n’est pas pour autant épargné par ces vagues de frustrations nées des investitures, le cas le plus illustratif est la non investitures de Maurice Kakou Guikahué, le député sortant de la circonscription électorale de Dougroupalégnoa, Doukouyo, Gnagbodougnoa, Sérihio communes et sous-préfectures, et Gagnoa sous-préfecture, figure éminente du PDCI-RDA.
Va –t-on vers une recomposition au niveau du parlement, une alliance des frustrés qui pourrait se retrouver dans un groupe parlementaire en cas de victoire ? C’est une forte probabilité, car il y va de leur efficacité parlementaire, voire de leur survie de ces leaders, car en l’état actuel du rapport de force, on est loin de l’éventualité d’une majorité parlementaire en faveur de l’opposition.
Ces législatives de 2025 seront sans doutes assez ouvertes, car en plus des partis classiques, d’autres figures éminentes comme Tiémoko Antoine Assalé, le président du mouvement Aujourd’hui, Demain la Côte d’Ivoire (ADCI), le député sortant de Tiassalé Morokro, émergent.
C’est à croire que le scrutin de ce 27 Décembre, qui sera assez disputé, devrait dans le meilleur des cas déboucher sur une représentation à l’Assemblée nationale, assez diversifiée pour la législature 2025 -2030.
