Centrafrique: Contestation des résultats de la présidentielle - Va-t-on vers une crise électorale?

Président Faustin-Archange Touadera de la Centrafrique

Alors que les Centrafricains attendent avec impatience, la publication, prévue pour ce jour 5 janvier, les résultats de la présidentielle du 28 décembre 2025, l'un des candidats et pas des moindres, en l'occurrence Anicet-Georges Dologuélé crie à la fraude et revendique la victoire. Le président de l'Union pour le renouveau centrafricain (URCA) dit disposer de documents et d'éléments matériels attestant des dysfonctionnements lors du dépouillement et de la centralisation des résultats. Des irrégularités qu'il impute au pouvoir et à l'Autorité nationale des élections.

Deux entités qu'il accuse de priver le peuple de son choix. « Je l'ai accepté deux fois, cette fois, je ne l'accepterai pas ». Ce durcissement de ton n'a pas laissé le pouvoir de marbre. En effet, le porte-parole du parti au pouvoir, Evariste Ngamana, a qualifié de fausses les allégations de l'opposant et mis en garde contre les risques de troubles que pourrait engendrer son initiative. Va-t-on vers une crise postélectorale ? Les jours à venir nous le diront. En attendant, la sortie du sieur Dologuélé n'augure rien de bon pour la RCA. On a, du reste, l'impression que la contestation des résultats avant l'heure, est devenue la marque de fabrique des opposants africains.

Tout en ne donnant pas le bon Dieu sans confession aux tenants des pouvoirs, cette manière de crier vite à la victoire, ne grandit pas ces opposants. En effet, Dologuélé aurait pu attendre la publication officielle des résultats pour, en cas de besoin, saisir l'instance habilitée à trancher les litiges électoraux. Mais il en a décidé autrement. Va-t-il poursuivre son combat en appelant ses partisans à descendre dans la rue, comme l'avait fait l'opposant camerounais Issa Tchiroma Bakary avec tout ce que cela peut avoir comme conséquences ? On attend de voir.

La RCA revenant de loin, il faut que les uns et les autres sachent raison garder

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Cela dit, si l'on peut déplorer la manière de faire de l'opposant Dologuélé qui s'est autoproclamé vainqueur du scrutin, on ne peut, non plus, balayer du revers de la main, les irrégularités qu'il dit avoir constatées. Car, le pouvoir du Pr Faustin-Archange Touadéra est loin d'être exempt de tout reproche. On le sait, il a travaillé à réunir les conditions d'un scrutin joué d'avance. A preuve, après avoir tripatouillé la Constitution en 2023, pour permettre à son champion de briguer un troisième mandat, le pouvoir s'est donné les moyens d'éliminer des opposants qui pouvaient lui tailler des croupières.

En plus, les institutions électorales sont soupçonnées d'être inféodées au pouvoir. Quelle confiance peut-on, dans ces conditions, placer en elles ? C'est dire si l'opposant Dologuélé qui rue dans les brancards, n'a pas totalement tort. Tout laisse croire qu'il a voulu, à travers cette sortie anticipée, couper l'herbe sous les pieds du président Touadéra. En tout cas, à travers cette sortie médiatique, l'ancien Premier ministre centrafricain met du sable dans le couscous du Pr Touadéra. Cela dit, la RCA revenant de loin, il faut que les uns et les autres sachent raison garder. C'est d'autant plus nécessaire qu'une crise postélectorale pourrait réveiller les vieux démons. Toute chose qui pourrait plonger le pays dans le chaos. Or, la RCA n'a pas besoin de ça. Surtout que les plaies ouvertes par les récentes crises politiques, ne se sont pas totalement cicatrisées. A preuve, certains Centrafricains refusent toujours de déposer les armes et contrôlent des pans entiers du territoire national.

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