En Centrafrique, l'Autorité nationale des élections (ANE) a annoncé, dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 janvier, les résultats provisoires de la présidentielle du 28 décembre. Faustin-Archange Touadéra est déclaré vainqueur avec 76,15% des voix dès le premier tour. De leur côté, Anicet-Georges Dologuélé obtient 14,6% des suffrages et Henri-Marie Dondra 3,19%. Avant l'annonce de ces résultats provisoires, les deux opposants avaient dénoncé des fraudes. La participation s'élève à 52,42%, selon l'ANE. Les résultats définitifs seront donnés par le Conseil constitutionnel le 20 janvier.
En Centrafrique, dans la cour de l'Autorité nationale des élections (ANE), remplie de ministres et de dignitaires arborant les couleurs du parti présidentiel, le président de l'institution, Mathias Morouba, a proclamé les résultats provisoires de l'élection présidentielle, note notre envoyé spécial à Bangui, François Mazet.
Dans l'enceinte de l'ANE, l'attente est pesante au moment de la proclamation des résultats
Le candidat sortant, Faustin-Archange Touadéra, est crédité de 76,15 % des suffrages exprimés: un score présenté comme un « KO » électoral par son camp. Ces chiffres reposent sur la compilation de 84,39 % des bureaux de vote.
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Son principal adversaire, Anicet-Georges Dologuélé doit se contenter de 14,66 % selon ces résultats provisoires. Troisième homme, Henri-Marie Dondra plafonne à 3,19 % des voix. Les autres candidats se partagent le reste : Marcelin Yalemende : 2,13 %. Serge Djorie : 1,87 %. Eddy Kparekouti : 1,04 %. Aristide Briand Reboas : 0,95 %
Une annonce qui a déclenché des scènes de liesse au quartier général du candidat victorieux
Une opposition vent debout
Sans attendre, les deux principaux challengers du président sortant ont annoncé qu'ils ne reconnaîtraient pas ces résultats.
Depuis plusieurs semaines déjà, Anicet-Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra dénoncent un processus électoral biaisé, évoquant notamment un « conflit d'intérêts manifeste » entre une haute responsable de l'ANE et la campagne du président Touadéra.
Anicet-Georges Dologuélé affirme que de nombreux dysfonctionnements et irrégularités auraient entaché le scrutin, estimant même que « la vérité des urnes » lui serait favorable.
Demande d'annulation du scrutin
À quelques heures de la proclamation des résultats, Henri-Marie Dondra a repris ces griefs et a appelé à l'annulation « pure et simple » de l'élection ainsi qu'à la dissolution de l'ANE, qu'il juge incapable d'organiser des élections « libres et inclusives ».
« De nombreuses irrégularités de nature à entacher le caractère sérieux des résultats ont pu être relevées et ceci ne saurait passer sous silence. D'ailleurs, les résultats aujourd'hui qui sont proclamés sont à l'image de l'incapacité de la haine que nous avons maintes fois dénoncée dans l'organisation d'élections libres et inclusives », a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse.
« Par conséquent, tout en restant légaliste et attaché aux valeurs de la République, le parti Unir appelle à une annulation pure et simple de ces scrutins. Le parti se prépare activement à saisir le Conseil constitutionnel afin d'attaquer les irrégularités ainsi relevées et recommande à ce que l'ANE, qui a prouvé son incompétence, soit dissoute ».
