Bénin: Législatives au pays - Un scrutin sans suspense

Elections législatives au Bénin
11 Janvier 2026

Les Béninois étaient appelés, le 11 janvier 2026, aux urnes pour élire leurs députés et leurs conseillers communaux. Cinq partis dont trois de la mouvance présidentielle et deux de l'opposition, se disputent les 109 sièges au parlement et 1 800 au niveau local. Les heureux élus auront un mandat de sept ans au lieu de cinq et ce, grâce à la récente modification de la Constitution. Ce double scrutin aurait pu ne pas se tenir si le récent coup de force de Pascal Tigri avait réussi. Mais en travaillant à préserver l'intégrité des institutions et à respecter ce rendez-vous électoral, les Béninois montrent leur attachement à la démocratie.

Pour autant, le jeu électoral est loin d'être ouvert. En effet, le régime Talon a travaillé à écarter des adversaires qui pouvaient lui tailler des croupières. A preuve, seuls deux partis de l'opposition, en l'occurrence Les Démocrates et les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) ont été autorisés à prendre part à cette joute électorale. Et ce n'est pas tout. Les nouvelles réformes laissent très peu de chances aux candidats de l'opposition en lice, de se faire élire. Autant dire que c'est un scrutin joué d'avance. C'est dire si on s'achemine vers un parlement monocolore comme ce fut le cas en 2019 où l'opposition n'avait pas été représentée à l'Hémicycle. Toute chose qui risque de mettre à mal la démocratie béninoise, d'autant que cela constitue un frein au renouvellement des acteurs politiques au sein de la représentation nationale. Mais aussi et surtout, à des débats pluriels et équilibrés. Mais tout laisse croire que le pouvoir de Patrice Talon n'en a cure ; l'essentiel pour lui étant de contrôler à tout prix le parlement, peu importe les conséquences sur le plan politique.

Ces élections doivent permettre au pouvoir de baliser le terrain pour le successeur de Patrice Talon

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Toujours est-il que d'aucuns accusent à tort ou à raison, le locataire du palais de la Marina, d'avoir quelque peu, à travers des réformes constitutionnelles et politiques controversées, brisé la vitrine démocratique dont se prévalait le pays de Mathieu Kérékou. Cela dit, ces élections qui interviennent quelque trois mois avant la présidentielle prévue pour avril prochain, doivent permettre au pouvoir de baliser le terrain pour le successeur de Patrice Talon. En effet, contrairement à bien des pays africains où la présidentielle a généralement lieu avant les législatives, le Bénin en a décidé autrement.

Une stratégie qui vaut son pesant d'or, en ce sens que cette manière de faire, permet de corriger les failles de la machine électorale du parti au pouvoir. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce scrutin est quasiment sans suspense. Car il ne fait nul doute que la mouvance présidentielle représentée par l'Union progressiste le Renouveau, le Bloc républicain et Moele Bénin, sortira victorieuse de ces élections législatives et municipales. On est d'autant plus fondé à le penser que ces trois partis ont mené une campagne électorale presqu'à l'américaine, puisque disposant de tous les moyens de l'Etat, face à deux formations politiques de l'opposition amputées de leurs figures emblématiques, dont certaines contraintes à l'exil et d'autres jetées en prison depuis plusieurs années, pour des raisons diverses.

Toutefois, il faut féliciter les acteurs politiques qui, en dépit des enjeux électoraux, ont fait preuve de fair-play durant la campagne et pendant le vote. On espère qu'ils accueilleront le verdict des urnes avec les mêmes dispositions d'esprit. Autre chose : on attend de voir quel sera le taux de participation à ce double scrutin qui donne l'occasion aux Béninois de faire le bilan du règne du président Patrice Talon ; lui qui a décidé de respecter la clause limitative du nombre de mandats présidentiels en ne faisant que deux. Une attitude qu'il faut, du reste, saluer au passage, parce qu'elle constitue l'une des conditions pour provoquer l'alternance politique au Bénin.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 120 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.