Dans une victoire historique pour l'identité nationale, le gouvernement soudanais a célébré officiellement la restitution de 570 artefacts historiques pillés durant le conflit en cours.
La cérémonie de restitution, qui s'est tenue à la salle Al-Rabwa de Port-Soudan, marque un tournant dans les efforts de l'État pour protéger un patrimoine systématiquement attaqué depuis avril 2023.
Un patrimoine assiégé
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Depuis le début des hostilités à Khartoum, le secteur culturel soudanais a subi des ravages sans précédent. Selon les rapports, plus de 20 musées et sites historiques dont le Musée national, la Maison Khalifa et le Musée d'histoire naturelle ont été pillés ou détruits.
Les premières estimations évaluent les dégâts causés aux infrastructures et aux vitrines à environ 110 millions de dollars. Au-delà des structures physiques, le pillage des théâtres et des archives représente une tentative délibérée d'effacer la mémoire collective de la nation.
La récupération : un succès interministériel
Le retour de ces 570 pièces a été rendu possible grâce à une collaboration étroite entre le ministère de la Culture, de l'Information et du Tourisme et le Service général de renseignement (SGR).
Le lieutenant-général Abbas Bakheet, directeur adjoint du SGR, a qualifié cette récupération de « véritable combat » pour la protection du patrimoine historique, soulignant que la sauvegarde des antiquités est désormais une question de sécurité nationale.
Le Dr Graham Abdel Qader, sous-secrétaire du ministère de la Culture, a confirmé qu'une commission spécialisée a déjà entamé le classement des objets, provenant de différents grands musées du pays.
Le ministre des Finances, le Dr Jibril Ibrahim, a appelé à un inventaire national exhaustif et a exhorté les pays voisins à contribuer au repérage et à la restitution des autres trésors volés. *
« Une douce fin » et un nouveau départ
L'événement s'est tenu sous le thème « Une douce fin », symbolisant deux étapes majeures :
La défaite de l'effacement culturel : la récupération de ces objets prouve que la tentative de démanteler l'identité soudanaise a échoué.
Le ministre Khaled Al-Eaysir a réaffirmé que « l'exposition de ces pièces retrouvées est bien plus qu'une simple exposition ; c'est un acte de souveraineté et une victoire pour notre mémoire nationale.»
M. Al-Eaysir a annoncé que le ministère avait presque achevé le transfert de ses activités dans la capitale, 90 % du personnel ayant déjà repris ses fonctions.
Reconnaissance internationale
Le directeur de l'UNESCO au Soudan, Ahmed Junaid Sorosh, a félicité le gouvernement et salué la résilience du Soudan. Il a réaffirmé l'engagement total de l'UNESCO à soutenir le Soudan dans la protection de ses antiquités et de son patrimoine, compte tenu de leur importance historique et culturelle.
Il a déclaré que cela envoyait un message fort à la communauté internationale, montrant que le patrimoine culturel soudanais ne serait pas perdu et resterait une composante importante de l'identité nationale soudanaise, ajoutant que l'UNESCO continuait de soutenir cet effort en fournissant du matériel technique -- notamment des ordinateurs et des appareils photo -- pour aider le personnel des musées à documenter et à restaurer les objets récupérés.
