Afrique: Diplomatie américaine - Frank W. Garcia Jr, proposé comme nouveau patron pour le Bureau Afrique

Frank W. Garcia Jr., conseiller principal du président de la Commission permanente spéciale de la Chambre des représentants sur le renseignement (HPSCI) et candidat au poste de secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines.
2 Février 2026

Le Bureau Afrique du Département d'État américain attend la confirmation d'un nouveau dirigeant. Il s'agit de Frank W. Garcia Jr., un vétéran républicain et collaborateur du Congrès, disposant d'une expérience limitée du continent africain.

Nommé par le président Donald Trump au poste de secrétaire d'État adjoint aux Affaires africaines, sa nomination a été transmise au Sénat par la Maison-Blanche le jeudi 29 janvier.

Frank W. Garcia Jr. est actuellement conseiller principal du président de la Commission permanente spéciale de la Chambre des représentants sur le renseignement (HPSCI), le député Rick Crawford (Arkansas). Il a auparavant exercé pendant quatre ans les fonctions de directeur du personnel de la sous-commission du renseignement chargée de superviser le renseignement de défense. Lors d'un précédent passage au sein de la Commission du renseignement, entre 2006 et 2014, il était notamment chargé du contrôle de la collecte de renseignements techniques.

Selon le Département d'État, cette annonce intervient alors que le secrétaire d'État adjoint Christopher Landau achève une tournée de quatre pays africains, destinée à « promouvoir les priorités du président Trump en matière de rééquilibrage des échanges, de création d'un environnement commercial favorable et de promotion de la sécurité et de la paix ».

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Christopher Landau, dont la première étape a été l'Égypte, s'est également rendu en Éthiopie, au Kenya et à Djibouti. Il est le plus haut responsable américain à avoir visité l'Afrique subsaharienne depuis le début du second mandat de Donald Trump.

Traditionnellement, les secrétaires d'État adjoints chargés de l'Afrique étaient des diplomates de carrière. Toutefois, l'administration Trump adopte une approche différente, s'appuyant davantage sur des profils politiques et communiquant fréquemment ses orientations via les réseaux sociaux. À ce jour, le Bureau Afrique demeure l'un des quatre bureaux régionaux du Département d'État dirigés par un responsable non confirmé par le Sénat.

Entre 2016 et 2021, Frank W. Garcia Jr. a été président de Via Stelle LLC, une société de conseil technologique spécialisée dans les marchés gouvernementaux américains liés à la défense et au renseignement, selon son profil LinkedIn. Il est diplômé de la Naval Postgraduate School, du National War College, de l'Université du Rhode Island et de l'Université de Caroline du Sud. Il a également passé deux ans au National Reconnaissance Office en tant que capitaine de la marine américaine.

Depuis l'investiture de Donald Trump, il y a un peu plus d'un an, trois responsables successifs se sont succédé à la tête du Bureau Afrique qui supervise les relations des États-Unis avec 49 pays d'Afrique subsaharienne. Le plus récent, Nick Checker, ancien analyste de la CIA, a pris ses fonctions de haut responsable du Bureau le 6 janvier.

Peu après sa prise de fonctions le mois dernier, Nick Checker a diffusé une note interne appelant les diplomates américains à mettre en avant « sans complexe et de manière vigoureuse » « la générosité du peuple américain dans la lutte contre le VIH/sida ou l'atténuation des famines », selon The Guardian, qui a obtenu copie du courriel.

« Il n'est pas inconvenant de rappeler à ces pays la générosité du peuple américain dans la lutte contre le VIH/sida ou l'atténuation des famines », indique le message. « Au contraire, c'est essentiel pour contrer le faux récit selon lequel les États-Unis ne seraient pas, dans de nombreux cas, le principal donateur, et pour mieux tirer parti de cette aide afin de faire avancer nos intérêts. »

Ces dernières semaines, Nick Checker s'est également attaché à relancer les relations américaines avec les pays du Sahel, fragilisées par une série de coups d'État militaires. Le 18 janvier, il a représenté les États-Unis à la cérémonie d'investiture de l'ancien chef putschiste et nouveau président élu de la Guinée, Mamadi Doumbouya, à Conakry. Cette visite a donné lieu à « des rencontres productives en marge avec des ministres clés, des partenaires régionaux et des dirigeants du secteur privé, axées sur le renforcement des liens commerciaux américains et la conclusion d'accords soutenant l'emploi et la croissance aux États-Unis ».

Dans cette même perspective, Massad Boulos, conseiller principal des du Président Trump pour le monde arabe et l'Afrique, a multiplié les déplacements en Afrique du Nord afin de renforcer les relations politiques, économiques et sécuritaires de Washington avec la région. Il s'est notamment rendu en Libye, en Algérie et en Tunisie, mettant l'accent sur l'investissement, la coopération sécuritaire et les liens commerciaux.

Parallèlement, Boulos est devenu le principal acteur des initiatives diplomatiques américaines en Afrique, en particulier dans les efforts de médiation en République démocratique du Congo et au Soudan. Il a supervisé la signature d'un accord de paix entre la RDC et le Rwanda en décembre à Washington, sans toutefois parvenir à mettre fin aux combats, et a conduit l'initiative des « Quads » sur le Soudan, qui n'a pas réussi à instaurer un cessez-le-feu malgré la gravité du conflit.

Dans ce contexte, le président congolais Félix Tshisekedi se rend à Washington dan le cadre du "Prayer Breakfast" organisé chaque année par la Maison Blanche ainsi que pour participer à des rencontres diplomatiques et économiques, notamment une conférence sur les minéraux critiques. Sa visite devrait s'accompagner de pressions américaines visant à relancer le processus de paix dans l'est de la RDC et à renforcer la mise en œuvre des accords conclus avec le Rwanda.

Pour Garcia, la confirmation par le Sénat au poste de secrétaire d'État adjoint pourrait prendre plusieurs mois. Ce processus généralement long commence par un examen et une audition devant la Commission des affaires étrangères, suivis d'un vote en commission puis en séance plénière du Sénat, où une majorité des sénateurs présents et votants doit approuver la nomination.

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