L'Éthiopie s'attend à ce que la croissance économique dépasse les 10 % au cours de cet exercice fiscal pour la première fois en près de dix ans, grâce aux réformes soutenues par le Fonds monétaire international qui atténuent les pénuries de devises et stimulent les exportations.
Le premier ministre Abiy Ahmed a déclaré que le produit intérieur brut augmenterait de 10,2 % au cours de l'année se terminant le 7 juillet, contre une prévision précédente de 8,9 %. Ce relèvement fait suite à l'examen du premier semestre de l'exercice fiscal, qui a révélé des résultats plus élevés que prévu. La dernière fois que l'Éthiopie a enregistré une croissance supérieure à 10 %, c'était en 2016-17.
Le rebond est dû à l'augmentation des recettes d'exportation et à l'amélioration de l'accès aux devises étrangères après que le gouvernement a libéralisé son régime de change et ouvert des secteurs clés aux investisseurs étrangers. Les exportations de marchandises ont atteint 5,1 milliards de dollars au premier semestre de l'exercice, soit plus du double de l'objectif officiel.
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L'or et le café ont été les principaux produits exportés. Les exportations d'or sont passées de 4 tonnes à près de 39 tonnes l'année dernière, reflétant la formalisation de l'offre qui était passée par des canaux informels. Les exportations de café devraient dépasser les 3 milliards de dollars cette saison. Le trafic de passagers d'Ethiopian Airlines a également augmenté, contribuant à la croissance globale.
Points clés à retenir
Le rebond de la croissance en Éthiopie marque un tournant après des années de conflit, de pénurie de devises et d'endettement. Les réformes soutenues par le FMI ont amélioré les flux d'exportation et stabilisé l'accès aux dollars, contribuant à renforcer la confiance dans l'économie. Le gouvernement affirme que l'exposition à la dette est passée d'un risque élevé à un risque modéré.
Toutefois, des risques subsistent. L'Éthiopie a fait défaut sur un milliard de dollars d'euro-obligations en 2024 et est en train de restructurer sa dette extérieure. Alors qu'elle est parvenue à un accord avec les créanciers officiels sur 8,4 milliards de dollars de prêts bilatéraux, les discussions avec les détenteurs d'obligations commerciales sont au point mort.
Une proposition d'accord prévoyant une décote de 15 % a été rejetée par le comité officiel des créanciers, ce qui a entraîné une reprise des négociations. Les investisseurs observeront si l'Éthiopie peut obtenir une restructuration révisée sans litiges juridiques qui pourraient retarder l'accès au marché. La stabilité politique est un autre facteur clé, les tensions récentes faisant craindre une reprise du conflit.
Si les réformes se poursuivent et que les exportations se maintiennent, l'Éthiopie pourrait maintenir une croissance plus rapide et attirer des investissements étrangers dans les secteurs de la banque et des télécommunications. L'incapacité à résoudre les négociations sur la dette ou à contenir les risques politiques pourrait ralentir cet élan.
