Une fois de plus, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a été le théâtre d’affrontements meurtriers entre forces de l’ordre et étudiants. Ces violences ont eu des conséquences dramatiques, coûtant notamment la vie à Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine dentaire.
Âgé de 22 ans, ce jeune venu chercher le savoir a tragiquement perdu la vie dans un lieu censé être le temple de la connaissance, aujourd’hui transformé en symbole de désordre et de désespoir.
Depuis plusieurs mois, les étudiants protestent contre des retards répétés dans le paiement des bourses. La fermeture récente des restaurants universitaires a exacerbé la colère, constituant l’élément déclencheur d’une nouvelle vague de tensions. Face à ces revendications, les autorités sont restées silencieuses. Beaucoup estiment que l’ouverture de négociations aurait pu éviter l’irréparable.
Le paradoxe est frappant : ces mêmes étudiants s’étaient fortement mobilisés pour dénoncer les pratiques répressives de l’ancien régime. Pourtant, ils se retrouvent aujourd’hui confrontés à des méthodes qu’ils associaient au passé. Ceux qui combattaient un système jugé oppressif ont le sentiment d’en subir désormais les mêmes travers.
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Dès lors, une question s’impose : quand ce cycle de violence prendra-t-il fin ? Les étudiants représentent l’avenir du pays, mais nombre d’entre eux vivent dans des conditions précaires, peinant à joindre les deux bouts sur un campus marqué par l’incertitude. Entre arriérés de bourses, fermeture des restaurants universitaires et interventions musclées des forces de l’ordre, l’espoir d’un lendemain meilleur semble s’effriter.
La devise de l’UCAD, « Lux mea lex » (« La lumière est ma loi »), paraît aujourd’hui perdre de son sens, tant l’obscurité des événements récents contraste avec l’idéal qu’elle incarne.
Il est donc urgent que les autorités assument leurs responsabilités et que toute la lumière soit faite sur ces drames. De Balla Gaye à Bassirou Faye, en passant par Fallou Sène, et désormais Abdoulaye Ba, trop de jeunes venus chercher le savoir ont perdu la vie dans des circonstances tragiques. Une telle situation ne doit plus se reproduire.