Afrique: 39e sommet de l'UA - Les dirigeants africains affichent leur fermeté face aux menaces sécuritaires

La 39e session ordinaire de la Conférence de l'Union africaine s'achève à Addis-Abeba

Au terme de son 39e sommet tenu les 14 et 15 février à Addis-Abeba, en Ethiopie, l'Union africaine(UA) a affiché une ligne dure contre les changements anticonstitutionnels de pouvoir et réaffirmé son engagement à prévenir et résoudre les conflits armés sur le continent. Les dirigeants ont également annoncé de nouvelles initiatives en matière de sécurité, de médiation et de justice historique.

Lors de la conférence de presse finale, le président de la Commission de l'UA, Mahmoud Ali Youssouf, a déclaré que l'organisation n'aurait « aucune tolérance pour les changements de pouvoir anticonstitutionnels ». Cette prise de position intervient alors que plusieurs pays africains sont dirigés par des régimes issus de coups d'État et que des transitions politiques sont en cours dans certaines capitales. Dans le but de soutenir la lutte contre les groupes armés terroristes, l'UA entend maintenir le dialogue avec les pays de l'Alliance des États du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso).

Parmi les principales annonces figure la création prochaine d'une « plateforme commune » regroupant dix-huit pays pour coordonner les réponses sécuritaires. Cette initiative vise à renforcer la coopération régionale face à la montée des violences armées, à l'expansion des groupes jihadistes et aux conflits internes qui fragilisent plusieurs États.

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L'organisation panafricaine a également réaffirmé sa détermination à « faire taire les armes », un objectif inscrit de longue date dans l'Agenda 2063. Si tous les conflits n'ont pas été explicitement abordés publiquement, les dirigeants ont souligné la nécessité d'intensifier les mécanismes africains de prévention et de médiation. Concernant la situation dans l'Est de la République démocratique du Congo, le nouveau président en exercice de l'UA, Évariste Ndayishimiye, a insisté sur l'importance de l'application des accords de paix conclus à Washington. De son côté, Mahmoud Ali Youssouf a estimé que l'UA devait « piloter » les efforts de médiation, sans laisser l'initiative exclusivement aux partenaires extérieurs.

Au-delà des enjeux sécuritaires, le sommet a adopté une position sur les questions mémorielles et géopolitiques. Les chefs d'État et de gouvernement ont reconnu la colonisation comme un « crime contre l'humanité » et réaffirmé leur solidarité avec le peuple palestinien. Dans cette dynamique, le Ghana déposera en mars prochain une résolution à l'Assemblée générale des Nations unies visant à qualifier la traite des esclaves africains de « plus grave crime contre l'humanité ».

Eau, intégration et autonomie financière

Les travaux ont également confirmé les engagements pris sur l'accès durable à l'eau et à l'assainissement, thème central du sommet. Les États membres se sont engagés à accélérer les investissements dans les infrastructures hydrauliques et à renforcer la gouvernance des ressources, dans un contexte où des centaines de millions d'Africains restent privés d'eau potable.

En parallèle, l'UA souhaite approfondir l'intégration économique à travers la mise en oeuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine et renforcer son autonomie financière face à la baisse des financements extérieurs.

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