Sénégal: Les trois leaders étudiants maintenus en détention par retour de parquet

Au Sénégal, les trois responsables d'organisations étudiantes arrêtés, mercredi 11 février, à la suite des violences qui ont secoué l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, sont finalement retournés au commissariat au soir de ce lundi 16 février. Maintenus en détention par retour de parquet, une procédure qui permet au procureur de poursuivre l'examen du dossier avant toute décision judiciaire. Le procureur a décidé d'ouvrir une instruction judiciaire.

Waly Faye, Demba Ka et Bathie Fall, tous trois membres du Collectif des Amicales de l'UCAD - devraient savoir, mardi 17 ou mercredi 18 février 2026 au plus tard, s'ils sont placés sous mandat de dépôt, c'est-à-dire en détention préventive, ou bien s'ils bénéficient d'une liberté provisoire.

Dans l'immédiat, le procureur a confirmé en fin d'après-midi l'ouverture d'une enquête judiciaire pour savoir si les cinq chefs d'inculpation qui visent les étudiants tiennent la route ou non.

Figurent, parmi les accusations, troubles à l'ordre public, participation à une manifestation non déclarée, destruction de biens publics, actes de vandalisme et de violence, mais aussi atteinte à la sécurité de l'État, passible jusqu'à cinq ans de prison ferme.

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Des accusations qui ne font pas sens pour Cheikh Ngom, membre de la fédération nationale des étudiants du Sénégal : « Ces représentants d'étudiants ne sont pas délinquants. Ils ne faisaient que défendre les intérêts matériels et moraux des étudiants du Sénégal. Auparavant, les autorités nous parlaient de financement sérieux, aujourd'hui ils nous parlent d'un rapport déposé contre ces étudiants sur des saccages qui ont eu lieu lors de ces manifestations. Tous les saccages faits à l'université sont de la responsabilité des forces de l'ordre. Ce sont eux qui saccageaient et attaquaient les étudiants. »

Des forces de l'ordre dont aucun membre n'a été interrogé pour l'heure. Lundi, le collectif des amicales de l'UCAD a donc une nouvelle fois demandé la libération immédiate et sans condition des trois représentants d'organisation étudiante, mais aussi de deux autres étudiants arrêtés l'un dimanche, l'autre lundi. Ce dernier s'appelle Mor Diouf, est un étudiant à la faculté de droit et membre du collectif des amicales de l'UCAD et a été interpellé au niveau du tribunal de grande instance, selon plusieurs sources. Le collectif a aussi décrété l'arrêt de toute activité pédagogique dans toutes les universités du pays à partir de mardi, et ce, jusqu'à jeudi.

Les avocats, de leur côté, n'ont pas souhaité réagir, ce lundi soir, car le principal enjeu pour eux est que leurs trois clients obtiennent une liberté provisoire.

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