Au Sénégal, le bras de fer se poursuit entre les étudiants et les autorités. Un mouvement de grève des cours débute ce 17 février 2026 dans les universités sénégalaises. Les amicales étudiantes de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) réclament la libération des étudiants toujours en détention, la vérité sur la mort d'un étudiant décédé lundi dernier sur le campus, ainsi que le paiement des bourses.
Le collectif des amicales de l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad) annonce 72 heures de grève, jusqu'à jeudi. Trois revendications principales sont avancées.
D'abord, la libération immédiate et sans condition de leurs camarades de l'Ucad. Trois leaders d'amicales sont cités : Demba Ka, Waly Faye et Bathié Fall. Ils sont poursuivis pour destruction de biens publics et privés, participation à une manifestation non déclarée, troubles à l'ordre public, actes de vandalisme et de violence, ainsi qu'atteinte à la sûreté de l'État.
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Ils ont été déférés au parquet le 16 février et attendent toujours de connaître leur sort, probablement ce mardi après-midi, selon leurs avocats. Ils pourraient être placés sous mandat de dépôt ou libérés sous conditions. Deux autres étudiants ont également été interpellés dimanche et lundi : Amadou Cheikhou Oumar Diallo et Mor Diouf. Ce dernier a été arrêté au tribunal de grande instance alors qu'il était venu soutenir ses camarades. Les amicales dénoncent des arrestations arbitraires et une traque des autorités.
Deuxième revendication : la vérité et la justice pour Abdoulaye Ba, l'étudiant décédé lundi lors de l'intervention des forces de l'ordre sur le campus social. Enfin, les amicales réclament le paiement intégral des rappels de bourses des étudiants de Master 1, à l'origine de la contestation.
Mobilisation nationale
Elles appellent à une mobilisation nationale, dans toutes les universités et écoles du pays. À Saint-Louis, la coordination des étudiants appelle de son côté à trois jours « sans ticket », c'est-à-dire sans paiement des repas au restaurant universitaire. Un mode d'action que les étudiants de l'Ucad avaient déjà tenté de mettre en place la semaine précédente, et qui avait déclenché l'intervention des forces de l'ordre.
L'Ucad annonce, de son côté, des concertations. Selon l'université, des discussions ont été engagées avec les partenaires sociaux afin de rechercher une sortie de crise par le dialogue. Les acteurs présents ont insisté sur la nécessité d'un apaisement et d'un dialogue inclusif avec les étudiants, qui devrait être organisé prochainement. Mais, à ce stade, les étudiants n'ont pas été conviés à ces discussions et affirment vouloir avant toute chose la libération de leurs camarades.
Pour le rectorat, l'enjeu est la préservation de l'année académique, menacée par la poursuite du mouvement. Les discussions doivent notamment porter sur la situation des étudiants détenus, la réouverture du campus social et la restauration des amicales, suspendues jeudi dernier.
Le procureur de la République doit par ailleurs tenir un point presse ce mardi après-midi pour clarifier les circonstances de la mort d'Abdoulaye Ba. Ce week-end, il avait affirmé dans un communiqué que « les éléments disponibles ne corroborent pas les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime », des propos qui ont provoqué la colère des étudiants.