2,5 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dimanche 15 mars pour l'élection présidentielle. Face à "l'éternel" Dénis Sassou-Nguesso, 6 autres candidats, peu ou prou connus, avec des moyens limités et des appareils de partis tenus, ont tenté de donner le change démocratique à un système qui n'en est pas un.
En effet, les candidats accompagnateurs du natif d'Edu, n'ont pas amassé foules durant la campagne électorale si bien que le président sortant, sûr d'être réélu, a déclaré urbi et orbi, que son seul adversaire était le taux de participation. Il sait de quoi il parle, le phénix de la politique congolaise, aux affaires de 1979 à 1992, avant de faire un came-back remarqué à la suite de la guerre civile de 1997 à 2002. Bien parti pour se succéder pour un 6e mandat au palais du Peuple de Brazzaville, on ne voit pas quel homme politique a la carrure pour le battre dans les urnes.
Denis Sassou-Nguesso, n'a pas seulement fait le vide d'une opposition crédible autour de lui, depuis l'exil et le décès de Pascal Lissouba, il a aussi tissé une toile de relations solides à l'interne et à l'externe du Congo. De là à dire qu'il sera toujours le Primus inter pares à Brazzaville jusqu'à ce que mort s'ensuive, il y a un bas que beaucoup d'analystes ont franchi depuis belle lurette. Et ce n'est certainement pas le scrutin d'hier qui les fera mentir.
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De fait, c'est une élection sans suspense, sinon ceux en rapport avec le score du vainqueur et le taux de participation au vote. Elle passe, selon certains analystes, comme une simple formalité dans une des démocraties tropicalisées à l'extrême. De quoi donner raison à Jacques Chirac sur "ce luxe" inaccessible ou confisqué par des élites qui en corrompent les principes au risque de donner tord à Wilson Churchill sur "le pire système de gouvernement, à l'exception de tous les autres."
Bref, au Congo Brazzaville, "luxe inaccessible" ou "pire des systèmes", Sassou-Nguesso, tient bien sa chose et n'est pas prêt à lâcher l'affaire, même si après plus d'un quart de siècle au pouvoir, on ne voit pas quelle potion magique il pourrait administrer à une économie congolaise bien exsangue malgré l'or noir, le gaz, le bois précieux, le fer, le cuivre... inexploités ou sous exploités. Pas de quoi réduire la pauvreté, la fracture sociale entre riches et pauvres, celle du développement entre les villes et la campagne et entre les régions du pays, sans oublier la corruption qui nuit au service public et à la transparence dans les affaires privées.
Ce dernier obstacle, à l'efficacité de l'administration publique et au développement des investissements privés, le candidat Sassou-Nguesso a promis aux électeurs de s'y attaquer avec plus de détermination. Comme il n'est jamais trop tard pour bien faire, des Congolais croisent les doigts pour que cette promesse phare ne reste pas un voeu pieux d'un Sassou-Nguesso qui a bénéficié d'un non lieu retentissant en 2007, dans l'accusation "des biens mal acquis". Mais, que celui qui, parmi ses slogans de campagne, les appelle à un "continuons la marche ensemble'', balise le terrain d'un développement plus inclusif, plus impactant du Congo. Un minimum pour que la majorité des Congolais continuent d'espérer le meilleur d'un président à vie qui ne dit pas son nom.
