L'Afrique de l'Est renforce ses systèmes d'alerte précoce et accélère sa production semencière
- Ce projet régional, qui couvre quatre pays d'Afrique de l'Est, fournit plus de 956 tonnes de semences améliorées et apporte un soutien technique à plus de 160 000 agriculteurs.
Le Groupe de la Banque africaine de développement et ses principaux partenaires ont organisé un atelier pour examiner les progrès accomplis et tracer la voie à suivre d'une initiative agricole régionale en cours qui génère des résultats significatifs au Burundi, aux Comores, en Somalie et au Soudan du Sud dans la production semencière.
Le projet « Renforcement de l'état de préparation et de la réponse aux crises alimentaires » (SEPAREF), financé par le Groupe de la Banque africaine de développement et mis en oeuvre par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), en partenariat avec les ministères concernés dans les différents pays bénéficiaires, a été lancé pour faire face aux pénuries alimentaires causées par les tensions géopolitiques.
Il vise à renforcer la sécurité alimentaire dans les pays bénéficiaires du projet en consolidant et en numérisant les systèmes d'alerte précoce, en augmentant la production de semences résistantes au climat et en renforçant la capacité des institutions nationales à faire face aux crises actuelles et futures.
L'atelier régional de validation, qui s'est tenu du 4 au 6 mars 2026 à Nairobi, au Kenya, a réuni des équipes techniques du Groupe de la Banque, de la FAO, des systèmes nationaux de recherche agricole, des ministères de l'Agriculture et des Finances des pays bénéficiaires, ainsi que des représentants du secteur privé.
Des participants à l'atelier du SEPAREF à Nairobi. © FAO/Michael Kitum
Renforcer les systèmes semenciers et la résilience
Les participants à l'atelier ont salué les résultats clés obtenus dans le cadre du projet. À ce jour, plus de 956 tonnes de semences de première génération ont été produites, améliorant ainsi l'accès des agriculteurs à des variétés de cultures tolérantes au climat et à la sécheresse. Le projet a également réhabilité des installations d'irrigation et de stockage des semences et apporté un soutien à plus de 250 producteurs de semences, renforçant ainsi les capacités de production locales.
En partenariat avec l'Institut international d'agriculture tropicale et le programme Technologies pour la transformation de l'agriculture africaine (TAAT) du Groupe de la Banque, le projet renforce les capacités des instituts de recherche nationaux afin de garantir que les petites exploitations agricoles bénéficient des normes les plus élevées en matière de semences et de technologies de production de semences.
L'initiative a également contribué à la mise en place de conseils nationaux des semences et de systèmes d'alerte précoce numériques, ainsi que de mécanismes de coordination pour soutenir la préparation aux crises. Ces plateformes numériques ont déjà enregistré plus de 160 000 agriculteurs, améliorant ainsi l'accès aux informations d'alerte précoce et aux services de conseil agricole.
Tirer parti des acquis
Le directeur régional du Groupe de la Banque en Afrique de l'Est chargé de l'agriculture et de l'agro-industrie, Pascal Sanginga, a appelé les partenaires à étendre l'initiative afin d'« améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, de créer des emplois et de réduire de manière significative la facture des importations de céréales ».
« Malgré ces succès, des risques importants subsistent », a-t-il souligné, citant les budgets publics limités, la dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds et le faible accès au capital pour les entreprises semencières. « Cette réunion devrait servir de laboratoire de conception stratégique, transformant les enseignements tirés de ces trois dernières années en une feuille de route structurée pour un programme multinational de sécurité et de résilience semencières », a-t-il souligné.
Farayi Zimudzi, représentante de la FAO au Kenya, a souligné l'importance de pérenniser les acquis du projet alors même qu'il touche à sa fin. « La viabilité financière du secteur des semences est essentielle. Mais il est tout aussi important d'intégrer les systèmes de certification des semences et les outils numériques d'alerte précoce dans les structures nationales, avec des normes harmonisées et des partenariats public-privé renforcés pour développer les entreprises semencières », a souligné Mme Zimudzi.
L'atelier s'est conclu par des engagements fermes de toutes les parties prenantes à pérenniser et étendre les acquis dans les quatre pays bénéficiaires.