À 29 ans, cet ingénieur formé entre Lomé, l'Inde et l'Europe pilote un projet stratégique de la Banque africaine de développement sur les ports du continent.
Pas encore trentenaire, Manuel Ntumba affiche déjà un parcours hors norme. Né d'un père congolais et d'une mère togolaise, cet ingénieur de formation s'est spécialisé dans un domaine encore en structuration sur le continent africain : l'information géospatiale et la gouvernance des données.
Depuis novembre 2025, il chapeaute l'African Ports Connectivity Portal Project (APC-PP), une initiative de la Banque africaine de développement financée par un fonds de l'Asian Infrastructure Investment Bank (AIIB). L'objectif : harmoniser et standardiser les données de 80 ports africains, jusqu'ici fragmentées et disparates, pour améliorer la performance et l'attractivité de ces infrastructures stratégiques. À terme, le projet ambitionne d'élaborer un "port data book" offrant aux acteurs du secteur une vue complète et fiable des indicateurs clés de chaque installation.
Formé à Lomé, où son père était professeur d'université, Manuel Ntumba s'est progressivement orienté vers les télécommunications satellitaires — un domaine aux applications multiples, de la santé à l'agriculture en passant par la cartographie des ressources naturelles, mais encore largement sous-exploité en Afrique.
En 2019, grâce à une bourse, il s'envole pour l'Inde et intègre l'université de Chandigarh dans un programme de recherche en mécatronique et en aérospatial. Pendant près de trois ans, il multiplie les publications scientifiques, pour certaines indexées sur une base de données de la NASA. En 2021, il dépose un brevet sur un système de communication satellitaire par liaison optique.
Ce parcours attire rapidement l'attention de plusieurs organisations internationales. Les Nations unies et l'Union africaine (UA) font appel à lui. En 2021, Manuel Ntumba participe au panel chargé d'accompagner la mandature du président Félix Tshisekedi à la tête de l'UA.
En parallèle, il occupe la fonction de vice-président de Tod'Aérs Global Network (TGN), un réseau de chercheurs qui s'est ouvert aux activités de conseil et collabore notamment avec Airbus, l'UNESCO, le PNUD et l'UA.
Début 2026, celui que beaucoup considèrent comme l'un des jeunes talents les plus prometteurs de sa génération s'est lancé dans deux doctorats menés de front : l'un à l'Université catholique portugaise de Lisbonne, l'autre à l'Université Justus-Liebig de Giessen, en Allemagne.