Près d'un an après son élection, le pape Léon XIV entame, le 13 avril 2026, en Algérie, une tournée sur le continent noir. Cette première tournée en terre africaine, du Saint-Père, le conduira ensuite au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale.
C'est une tournée pour le moins très attendue par les fidèles catholiques de ces différents pays eu égard au message de paix et d'unité que prêchera le Saint-Père et au-delà, par tout le continent africain où vivent plus de 20% des catholiques du monde. La question que l'on se pose est la suivante : le message de paix de Léon XIV sera-t-il entendu ? Rien n'est moins sûr. Car, on le sait, très peu sont les dirigeants des pays concernés qui font de la recherche de la paix, leur cheval de bataille.
En plus des fidèles, le pape plaidera la cause des réfugiés et migrants à qui l'Algérie ne fait pas de quartier
Certes, en apparence, ils donnent l'impression de militer pour la paix, mais dans les faits, c'est le contraire. On espère donc que les mots du pape attendriront leurs coeurs et les pousseront à plus d'humanisme et de paix. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la tournée africaine du pape intervient dans un contexte où le continent est confronté à de nombreuses crises.
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Du Soudan au Sahel en passant par les Grands lacs, la paix reste fragile dans bien des Etats pour ne pas dire qu'elle agonise dans d'autres. Et s'il y a des regrets que l'on peut nourrir par rapport au choix des pays, c'est bien l'absence de pays en crises sur la liste des Etats choisis par le Vatican. Il ne fait l'ombre d'aucun doute que les Maliens, Burkinabè, Nigériens, Nigérians, Soudanais ou Congolais qui souffrent le martyre, auraient aimé se voir réconforter par la visite de Sa Sainteté.
Mais le Pape a ses raisons que l'on ne saurait remettre en cause. Ce d'autant que les pays choisis ne comptent pas pour du beurre en termes de symboles sur le plan religieux. Si l'Algérie, premier pays visité, ne compte qu'une minorité de chrétiens catholiques, il n'en demeure pas moins que ce pays reste important dans l'histoire chrétienne.
En effet, l'Algérie est le berceau du théologien et philosophe Saint Augustin dont l'héritage continue de nourrir l'Ordre des Augustins, auquel appartient le Pape. Au-delà, Léon XIV est très sensible au sort de la minorité chrétienne algérienne dont la vie est loin d'être un fleuve tranquille dans un pays à majorité musulmane. C'est dire si le jeu en vaut la chandelle. Toujours est-il qu'en prônant le dialogue interreligieux et en décidant de visiter la Grande Mosquée d'Alger sans oublier les fidèles de la basilique Notre-Dame d'Afrique, le Pape se montre solidaire de la minorité chrétienne algérienne.
Et cela est à saluer. Ce d'autant qu'en plus des fidèles, le Pape plaidera la cause des réfugiés et migrants à qui l'Algérie ne fait pas de quartier. Pour le deuxième pays qu'est le Cameroun, les raisons ne manquent pas non plus pour justifier la virée papale. En effet, dans ce pays d'Afrique centrale, les chrétiens catholiques représentent 40% de la population. Mais ces fidèles subissent les affres de la crise anglophone qui perdure maintenant près d'une décennie.
Au-delà des fidèles, ce sont les pouvoirs publics des pays concernés qui en tireront les dividendes
Et la visite du Saint-Père dans ce pays, ressemble à une mission de réconciliation, ce d'autant qu'il y célébrera une messe pour la paix et la justice à Bamenda, épicentre de la crise. Une messe à laquelle les représentants de toutes les confessions religieuses sont conviés. Reste à savoir si le président Paul Biya et les séparatistes du Nord parviendront, après le sermon du Pape, à fumer le calumet de la paix.
On attend de voir. En attendant, c'est un moment d'espérance pour les milliers de fidèles catholiques du Cameroun. Cela dit, les deux autres étapes de la tournée africaine du Pape sont loin d'être dépourvues d'intérêts. Si en Angola, le spiritualisme sera au coeur de la visite du Pape en raison de la visite des sanctuaires marial de Muxima et Saurimo, en Guinée équatoriale, l'humanitaire et l'écologie risquent de dominer la visite du Saint-Père.
En tout cas, il n'est pas exclu qu'il rende visite aux pensionnaires de la prison de Bata. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le plus long voyage international du pape Léon XIV constitue, à bien des égards, un tournant. C'est d'autant plus vrai qu'au-delà des fidèles, ce sont les pouvoirs publics des pays concernés qui, d'une manière ou d'une autre, en tireront les dividendes.
