C'est un véritable tournant de l'histoire politique. Paul Bérenger, Joanna Bérenger et Chetan Baboolall ont officiellement démissionné du Mouvement militant mauricien (MMM), hier. Leur décision a été actée à travers une lettre conjointe signée par les trois élus et envoyée par WhatsApp au secrétaire général du parti, Rajesh Bhagwan.
Cette démission revêt une portée particulière puisqu'il s'agit du départ de Paul Bérenger, l'un des fondateurs du MMM en 1969 et figure centrale du parti depuis plus de 50 ans. C'est une rupture inédite dans la mesure où c'est le départ d'un fondateur de formation politique, qui a contribué à la structurer et à l'imposer comme un acteur majeur de la scène politique nationale.
Dans une déclaration postée sur sa page Facebook, Paul Bérenger évoque «une décision qui porte le poids d'une vie entière». Il y fait état de divergences profondes avec la ligne actuelle du parti, dénonçant notamment «des dérives incompatibles avec les valeurs» défendues historiquement par le MMM, ainsi qu'un «éloignement des engagements pris devant le peuple».
Au coeur de cette rupture, la participation du MMM au gouvernement. L'ancien leader du parti critique le maintien de cette alliance «sans conditions, sans garanties et sans exigence claire» quant à l'application du programme électoral. «Rester au pouvoir ne doit jamais être une finalité», affirme-t-il.
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Attachement à l'héritage du parti
Malgré son départ, Paul Bérenger insiste sur son attachement à l'héritage du MMM, rappelant les combats menés en faveur des droits des travailleurs, des libertés individuelles et de la réforme électorale. Il annonce dans la foulée la création prochaine d'un nouveau mouvement politique.
Dans l'après-midi d'hier, des précisions ont été apportées quant à leur statut parlementaire. Selon nos informations, la speaker de l'Assemblée nationale, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, a reçu la correspondance officielle des trois élus. Ces derniers ont confirmé qu'ils seront présents à la séance d'aujourd'hui.
Les modalités relatives à leur positionnement dans l'Hémicycle, notamment le seating arrangement, étaient encore à l'étude par la speaker et la clerk de l'Assemblée nationale hier après-midi.
Cette démission collective ouvre une période d'incertitude politique, alors qu'un nouveau mouvement se profile et que l'équilibre des forces au Parlement pourrait être amené à évoluer.
