Tchad: Péril dans l'Est

Vue aérienne de Ndjaména

Les nouvelles en provenance de l'Est du Tchad sont inquiétantes. Le week-end écoulé, des affrontements intercommunautaires ont eu lieu dans la province de Wadi-Fira, à proximité de la frontière avec le Soudan. Cette rixe entre membres de l'ethnie Tama et Zaghawa a provoqué la mort de plus d'une cinquantaine de personnes, en deux jours, notamment, les samedi 25 et dimanche 26 avril 2026, selon des sources locales. Plusieurs blessés ont été également enregistrés, sans oublier que des commerces et des maisons ont été incendiés.

Une altercation avec usage d'arme à feu, autour de l'utilisation d'un puits, a dégénéré, ravivant des tensions observées depuis plusieurs années, dans l'Est du Tchad. En dehors des offensives rebelles parfois signalées dans cette partie du pays, les affrontements intercommunautaires y sont légion, causés par des conflits fonciers ou d'accès à l'eau, dans la plupart des cas. Le drame du week-end écoulé en donne encore l'illustration. L'ex-Premier ministre, devenu opposant au régime Deby, Succès Masra, a d'ailleurs, été condamné à 20 ans de prison pour complicité dans un affrontement du genre.

Ce type de conflits constitue, un véritable problème à l'Est du Tchad et pourrait prendre une autre tournure, dans le contexte actuel, avec les implications de la guerre des généraux au Soudan voisin. Les deux communautés mises en cause dans les affrontements du week-end sont impliquées dans la guerre en cours dans ce pays, qu'il faut craindre le pire. La guerre au Soudan pourrait se propager au Tchad, un scénario que les autorités travaillent à éviter, tout en restant sur leurs gardes. En mars dernier, une frappe de drone a touché l'Est du pays, amenant le Président Mahamat Deby Itno à ordonner à l'armée de riposter à toute nouvelle attaque provenant du Soudan.

En clair, la situation sécuritaire dans cette partie du pays est particulièrement tendue, qu'il faille la surveiller comme du lait sur le feu. Interpellé au premier chef, le gouvernement tchadien doit oeuvrer à une meilleure gestion des terres et des ressources dans l'Est du pays et à désarmer les civils, tant nombre d'entre eux possèdent des armes. Au moindre incident, certains citoyens se servent de leurs armes, comme l'enseigne le vécu quotidien, ce qui conduit souvent à des massacres intercommunautaires.

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Cette propension à recourir à la violence pour régler des différends, nourrit des rancoeurs et crée un climat de méfiance et de défiance. Il faut des actions fortes pour mettre fin à l'anarchie et à la barbarie au sein des communautés à l'Est du pays. L'Exécutif tchadien doit par ailleurs, être plus que jamais attentif et vigilant aux menaces sécuritaires alimentées par la guerre au Soudan, dans cette partie du pays. Des signaux d'alerte ne manquent pas. Tout doit être mis en oeuvre pour pacifier l'Est du Tchad, une zone à forts défis sécuritaires.

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