Congo-Kinshasa: Premières explications du gouvernement sur l'arrivée de migrants expulsés des États-Unis

En République démocratique du Congo (RDC), les autorités s'expriment pour la première fois, plus de dix jours après l'arrivée à Kinshasa, vendredi 17 avril, d'un groupe de migrants expulsés des États-Unis, dans le cadre d'un accord conclu entre les deux pays. Au nombre de 15, ces ressortissants, originaires d'Amérique du Sud et centrale, sont hébergés depuis leur arrivée dans un complexe hôtelier de la capitale. Un visa d'une semaine leur avait été accordé. Ils doivent désormais choisir entre un retour vers leur pays d'origine ou un maintien temporaire en RDC. Un dispositif qui suscite des critiques d'organisations de défense des droits humains, inquiètes des conditions d'accueil et du cadre juridique entourant ces expulsions.

Face à la polémique suscitée par cet accord en RDC, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a appelé à faire confiance au gouvernement. Interrogé par RFI lors d'une conférence de presse à Kinshasa, lundi 27 avril, il n'a toutefois pas confirmé l'existence de négociations avec les autorités américaines concernant un éventuel accueil des migrants afghans.

« Les ressortissants de pays tiers qui sont arrivés ont des titres de séjour qui sont réguliers. [...] C'est un séjour temporaire », estime-t-il au micro de notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa.

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Je tiens à rappeler qu'il faut éviter de semer la peur dans notre opinion. C'est une opération qui est encadrée dans le temps.

Patrick Muyaya Katembwe, porte-parole du gouvernement congolais lors de la première prise de parole officielle sur les migrants

« Un système qui marchandise les immigrants et réfugiés »

Plusieurs voix de l'opposition ou de la société civile se sont élevées pour dénoncer cet accord. Inquiétude aussi d'Avocats sans frontière qui, dans un communiqué, estime que cet accord « constitue une forme inacceptable de marchandisation des migrants et des demandeurs d'asile, et une manière cynique d'exercer des pressions sur des personnes vulnérables afin qu'elles acceptent des retours volontaires ».

« Ces personnes se trouvent dans une position extrêmement vulnérable », indique Valérie Arnould, conseillère juridique et politique senior pour l'Afrique centrale, au micro de notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi. « Il est impératif d'éviter qu'elles tombent dans une zone grise légale et de s'assurer qu'elles reçoivent l'assistance nécessaire ».

En signant de tels accords, la RDC, d'autres pays risquent de se rendre complices d'un système coercitif et inhumain de traitement des migrants et des demandeurs d'asile. Elle participe à un système qui marchandise les immigrants et réfugiés et les utilise comme monnaie d'échange dans des transactions politiques plus larges.

Valérie Arnould, conseillère juridique et politique sénior pour la région Afrique centrale chez Avocats sans frontières

Paulina Zidi Selon Avocats sans frontières, depuis 2025, les États-Unis auraient conclu « des accords bilatéraux avec au moins seize pays » afin d'organiser « la déportation des migrants et des demandeurs d'asile des États-Unis vers leur territoire, et ceci en échange d'incitations politiques et monétaires ».

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