Congo-Kinshasa: Le vice-Premier ministre Shabani face à la défiance de députés de sa propre majorité politique

Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani

En République démocratique du Congo (RDC), le vice-Premier ministre de l'Intérieur Jacquemain Shabani est sous pression : une motion de défiance est examinée ce 29 avril 2026 à l'Assemblée nationale. La particularité est que cette motion vient de sa propre majorité. Ancien directeur de campagne de Félix Tshisekedi, figure du premier cercle du pouvoir, il joue son poste. S'il est mis en minorité, il devra quitter le gouvernement.

Pour comprendre cette séquence en République démocratique du Congo (RDC), il faut d'abord regarder d'où part la motion : elle est portée par le député Yangotikala Senga Laddy, élu de Kisangani (nord-est de la RDC) membre de l'Action des volontaires pour la relève patriotique (AVRP), le parti du ministre du Développement rural Muhindo Nzangi, lui-même composante de l'Union sacrée, coalition politique formée autour du président du pays.

Dans l'entourage de Jacquemain Shabani, certains vont plus loin : ils évoquent une initiative encouragée en interne, jusque dans des cercles du parti présidentiel, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Jacquemain Shabani, justement, n'est pas un profil secondaire. Militant de l'UDPS depuis la fin des années 1990, il en a gravi les échelons avant de diriger la campagne de réélection de Félix Tshisekedi en décembre 2023.

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Dans les 15 pages de la motion, les signataires évoquent des ingérences dans les institutions provinciales. Ils pointent une insécurité persistante à Kinshasa malgré l'opération « Ndobo » lancée en décembre 2024 contre le phénomène de banditisme urbain.

Défiance au parlement

Mais la majorité elle-même apparaît mouvante. Dès le lendemain du dépôt, le regroupement Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A) de Modeste Bahati, ex-président du Sénat, désavoue publiquement deux de ses députés signataires. Preuve que les lignes ne sont pas figées.

Ces derniers jours, Jacquemain Shabani a multiplié les contacts avec plusieurs caucus de députés, son camp dénonçant des irrégularités de procédure.

Au-delà de son cas, cette motion dit quelque chose du fonctionnement du Parlement congolais, explique un de ses assistants. La défiance y est devenue un levier politique, y compris au sein de la majorité. L'ancien président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe en a fait les frais. Le deuxième vice-président du Sénat Modeste Bahati aussi.

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