Afrique: Afreximbank et l'Égypte en ordre de marche pour les Assemblées annuelles d'El Alamein

Media Briefing AAM2026
13 Mai 2026

À quelques semaines des 33èmes Assemblées annuelles d'Afreximbank (AAM2026), prévues du 21 au 24 juin 2026 à El Alamein, en Égypte, le message livré lors du media briefing organisé ce jour est  sans ambiguïté : l'Afrique ne peut plus attendre que le monde s'ouvre à elle. Elle doit s'ouvrir à elle-même.

Une institution qui affirme sa puissance continentale

Le Dr George Elombi, Président et Président du Conseil d'Administration d'Afreximbank, a ouvert la séance en dressant le bilan d'une institution dont les actifs et garanties ont atteint 49,4 milliards de dollars. Un chiffre qu'il a présenté non pas comme une fin en soi, mais comme la démonstration d'un outil au service d'une conviction : « Nous n'avons pas créé Afreximbank pour faire du banking. Le banking était l'instrument. Notre mission, c'est de défendre la dignité de l'Africain où qu'il soit, et cette défense doit venir de l'intérieur», a-t-il déclaré.

Dans ce contexte mondial marqué par les incertitudes économiques et géopolitiques, il a également annoncé l’approbation par le Conseil d’administration d’une enveloppe de 10 milliards de dollars destinée à soutenir les pays africains importateurs nets afin de couvrir leurs besoins essentiels, notamment en pétrole et en engrais.

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De son coté, Son Excellence M. Hassan Abdalla, Gouverneur de la Banque centrale d'Égypte, a pour sa part salué le rôle croissant d'Afreximbank sur le continent : « Au fil des dernières années, Afreximbank s'est imposée comme l'une des institutions financières les plus importantes d'Afrique, jouant un rôle central dans la transformation économique du continent, notamment à travers la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine. » Il a souligné que dans un monde marqué par la montée des régionalismes et des tensions géopolitiques, « le continent africain avance à un rythme accéléré pour construire des économies plus diversifiées et résilientes. »

Le commerce intra-africain comme seule sortie

Le thème retenu pour les AAM2026, « Commerce intra-africain et industrialisation : la voie vers la souveraineté économique », n'est pas le fruit du hasard. Le Dr Elombi en a explicité la logique avec clarté : « À moins que les Africains ne commencent à commercer entre eux, nous n'atteindrons pas le niveau industriel nécessaire. Et pour commercer entre nous, nous devons produire. Nous espérons que ce besoin de commerce intra-africain déclenche la production que nous cherchons. » Il a ajouté que dans un contexte de fermetures politiques et économiques de la part du reste du monde, il devient « logique que les entreprises égyptiennes, par exemple, se tournent vers le reste du continent, où les marchés leur sont ouverts. »

Les secteurs prioritaires identifiés par la Banque pour ces assemblées sont la transformation à valeur ajoutée pour l'exportation, la logistique et les infrastructures de transport, les paiements numériques, le traitement des minerais et l'énergie. Sur ce dernier point, le Dr Elombi a évoqué un projet de banque de l'or, dont la faisabilité est sur le point d'être finalisée, qui permettrait à l'Afrique de valoriser ses minerais sur place plutôt que de les exporter bruts.

L'Égypte, hub stratégique et pays hôte

Les deux intervenants ont insisté sur la dimension stratégique du choix d'El Alamein comme ville hôte. Pour M. Hassan Abdalla, « la position géographique exceptionnelle de l'Égypte, au carrefour de l'Afrique, du Moyen-Orient et de l'Europe, consolide sa place de hub régional pour le commerce et l'investissement. » Il a présenté les AAM2026 non pas comme une simple conférence, mais comme « une étape stratégique majeure dans la marche collective vers un continent africain plus intégré, plus solide et économiquement souverain. »

Le Dr Elombi a précisé que plus de 4 000 délégués sont attendus, incluant des chefs d'État et de gouvernement africain, des gouverneurs de banques centrales, des investisseurs et des représentants du secteur privé venus des quatre coins du continent et au-delà. Une salle de transactions, le « deal room », sera au cœur du dispositif : « C'est là que le capital africain rencontre les opportunités d'investissement africaines, et que le capital international rencontre les projets du continent. »

Un appel direct aux entreprises et aux médias africains

La séance de questions-réponses a donné lieu à deux appels directs. Le premier s'adressait aux entreprises africaines, et particulièrement égyptiennes, jugées encore trop timides dans leur expansion continentale. Le Dr Elombi a été ferme : « La capacité est là. L'argent est africain. Ce que nous demandons, c'est d'aller chercher les marchés avec agressivité. Et quand un projet a du sens, Afreximbank utilisera ses ressources pour soutenir ce que vous voulez faire dans ces pays. » Il a même indiqué que la Banque dispose d'une liste de six entreprises de génie civil égyptiennes capables de répondre à n'importe quel appel d'offres continental, et qu'elle est prête à les proposer aux gouvernements membres en lieu et place de contractants extérieurs au continent.

Le second appel visait les médias africains. « La couverture que reçoit notre continent n'est généralement pas à la hauteur de ce qui s'y passe réellement. Pour un événement de cette envergure, avec plus de 4 000 délégués, la couverture sera limitée. Mais si quelque chose de négatif se produisait quelque part en Afrique, les caméras seraient là immédiatement. Je vous demande de porter votre attention sur ce qui est positif dans ce continent. » M. Hassan Abdalla a abondé en ce sens, rappelant que le rôle des médias est « une pierre angulaire dans la sensibilisation aux potentialités du continent africain. »

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