Cap-Vert: Législatives - Les éternels partis rivaux, MPD et PAICV, à nouveau face à face

Escola de Chã de Marinha, São Vicente, Cap-Vert. Eleições legislativas 17.05.2026 © Odair Santos

Les élections législatives au Cap-Vert ont lieu ce dimanche 17 mai. En jeu, 72 postes de députés qui choisiront ensuite le Premier ministre. Le sortant, Ulisses Correia e Silva, et son parti, le Mouvement pour la démocratie (MPD), feront face notamment à leurs rivaux du Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert (PAICV) de Francisco Carvalho, le maire de la capitale. Présentation.

L'archipel du Cap-Vert vote ce 17 mai 2026. Les élections législatives se tiennent sur les dix iles et au sein de l'importante diaspora ; 416 000 électeurs sont inscrits sur les listes pour élire 72 députés. Un scrutin important : car si un président est bien élu, c'est le Premier ministre, choisi par l'Assemblée nationale, qui met en oeuvre la politique du pays.

Cinq partis participent au scrutin. Deux se font concrètement face : le Mouvement pour la démocratie (MPD) qui va chercher à conserver sa majorité à l'Assemblée nationale et le Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert (PAICV).

Si le Cap-Vert est salué pour sa stabilité démocratique, la campagne électorale a néanmoins été jalonnée de tensions politiques, signe pour les observateurs que les deux principaux partis sont au coude à coude.

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Le PAICV, qui a refusé de participer à l'un des débats à la télévision nationale, a notamment accusé le MPD d'utiliser les moyens de l'État pour mener campagne.

Le parti au pouvoir a, de son coté, directement visé Francisco Carvalho, le président du PAIC et maire de la capitale Praia, en l'accusant de « contourner la loi ». Au Cap Vert, le code électoral interdit aux élus d'être candidats. La tête de liste du PAICV a refusé de démissionner et nommé un remplaçant provisoire.

La lutte et les joutes électorales ont donc été permanentes durant la campagne avec des programmes politiques diamétralement opposés.

Deux hommes, deux visions

Avec le Premier ministre, Ulisses Correia e Silva, en tête de liste, sous la bannière « Cap-Vert en avant », le Mouvement pour la démocratie a mené campagne en rappelant ses bons résultats économiques, la baisse du chômage et la reprise du tourisme (à la suite de la crise du Covid) qui représente 20% du PIB. Le Cap-Vert a connu une croissance de 7,2% en 2025, le revenu annuel par habitant, de 4 475 dollars, est l'un des plus élevés en Afrique.

Durant la campagne, le Premier ministre et candidat a donc appelé les électeurs a joué la carte de la continuité : « Nous voulons continuer à gouverner le Cap-Vert, faire en sorte que le pays puisse poursuivre sa croissance, réduire la pauvreté, accroître l'emploi de nos jeunes et augmenter les revenus de la population. »

Principales promesses du MPD : augmenter de 30% le salaire moyen et fixer à 230 euros le salaire minimum. Le parti de droite a également mis l'accent sur sa volonté de renforcer la sécurité dans le pays.

«Il y a des drapeaux qui ne se portent pas seulement avec les mains. On les porte avec l'histoire.»

La sécurité qui a été au coeur de la campagne et un argument repris également par la PAICV. Le parti de gauche se veut rassembleur avec ce slogan « Cap-Vert pour tous ». Sous la houlette de Francisco Carvalho, un programme social a été présenté, avec des promesses d'accès à la santé, à l'enseignement supérieur gratuit et la volonté affichée de faire baisser les prix.

Autre élément défendu : faciliter les connexions au sein de l'archipel, améliorer le transport maritime et aérien tout en réduisant les prix des billets pour les habitants. Sur les réseaux sociaux du PAICV, Francisco Carvalho a notamment déclaré : « Il est évident que le Cap-Vert ne peut plus continuer sur cette voie. Il y a des urgences qui doivent être gérées directement pour améliorer la vie des gens. Des transports moins chers, l'université gratuite, ce sont des investissements pour le pays, pour la jeunesse. Nous voulons une gestion sérieuse et responsable. »

Malgré ses tensions politiques, la campagne électorale s'est déroulée dans le calme. Pour garantir un scrutin fiable et transparent, les autorités ont fait appel à l'Union africaine et à la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Près de 160 observateurs des deux institutions africaines seront déployés sur les dix iles de l'archipel. Le vote sera particulièrement scruté sur l'Ile principale de Santiago où 33 députés sur 72 seront élus. Malgré son importance, la diaspora, qui représente 17% des 416 000 électeurs inscrits, ne vote, au final, que pour 6 députés : 2 aux États-Unis, 2 en Afrique et 2 pour le reste du monde.

«La vague jaune qui va changer le Cap-Vert pour mieux le développer.»

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