Le gouvernement propose d'inclure dans les travaux de la future Constitutional Review Commission la création d'un collège électoral chargé d'élire le président de la République, selon un amendement déposé au stade du comité sur le Constitutional Review Commission Bill.
Le document parlementaire, signé au nom du Premier ministre Navin Ramgoolam, précise que cette réforme viserait à «renforcer la légitimité et l'indépendance» de la fonction présidentielle. L'amendement ajoute ce point à la liste des sujets qui seront examinés par la future commission de révision constitutionnelle.
Modèle de Westminster
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Cette proposition ravive le souvenir du grand débat constitutionnel de 2014 autour du projet de IIe République porté alors par l'alliance Parti travailliste-Mouvement militant mauricien de Navin Ramgoolam et Paul Bérenger. À l'époque, plusieurs juristes avaient mis en garde contre une modification profonde de l'équilibre institutionnel mauricien.
L'avocat Raouf Gulbul, proche du Mouvement socialiste militant (MSM), avait notamment soutenu qu'un changement vers un modèle plus présidentiel nécessitait un référendum, estimant que l'article 1 de la Constitution consacrait implicitement le modèle parlementaire de Westminster. Il s'était également opposé à l'idée d'un président doté de pouvoirs élargis, notamment celui de dissoudre l'Assemblée nationale.
«Un mandat de sept ans n'est pas sain dans une démocratie», déclarait-il alors, plaidant pour une limitation des mandats et un renouvellement plus fréquent des institutions, à l'image des grandes démocraties occidentales.
Le projet de IIe République avait finalement été rejeté dans les urnes lors des législatives de décembre 2014, remportées par l'Alliance Lepep menée par le MSM.
Douze ans plus tard, le débat sur l'évolution des institutions revient ainsi au coeur de la vie politique mauricienne, dans un contexte marqué par des appels croissants à une modernisation de la Constitution de 1968.
