Quelques jours après avoir reçu les responsables de la majorité présidentielle, le chef de l'État Mohamed Ould Ghazouani a consacré, dans la soirée du lundi 8 juin 2026, une longue séance d'échanges aux dirigeants des partis de l'opposition. Organisée au palais présidentiel de Nouakchott, la rencontre s'est étirée sur plus de neuf heures, témoignant de l'importance accordée aux discussions sur les réformes politiques, les libertés publiques ainsi que les préoccupations économiques et sociales qui traversent le pays.
Débutée à 18 heures, la réunion ne s'est achevée qu'aux premières heures de la matinée de mardi 9 juin , vers 00h45. Selon plusieurs participants, l'entretien s'est déroulé sans grande interruption. Fait inhabituel pour ce type de concertation politique de longue durée, aucune pause n'a été observée et aucun repas n'avait été servi aux invités. Malgré cette durée exceptionnelle, les échanges se sont poursuivis dans un climat jugé franc et direct.
Les premiers débats ont été conduits par les représentants des principaux pôles de l'opposition, Mohamed Ould Maouloud et Hammadi Ould Sidi El Mokhtar, avant que l'ensemble des chefs de partis présents ne prenne part à la discussion. Cette formule a permis aux différentes sensibilités de l'opposition de faire entendre leurs préoccupations sur les grands dossiers nationaux.
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Parmi les questions les plus sensibles examinées et débattues, figure la loi sur les symboles de l'État, un texte qui susciter des controverses au sein de la classe politique et des organisations de défense des libertés. Sur ce sujet, Mohamed Ould Ghazouani s'est montré ouvert à une éventuelle révision e de certaines dispositions. Le président a cependant insisté sur la nécessité de respecter et d'appliquer la loi tant qu'aucune modification n'aura été adoptée selon les procédures prévues.
Les discussions ont aussi porté sur le fonctionnement des institutions et le rôle du Parlement dans le contrôle de l'action gouvernementale. Le chef de l'Étas'est déclaré favorable à la création de commissions d'enquête parlementaires, un mécanisme régulièrement réclamé par l'opposition pour renforcer la transparence. Il a cependant recommandé de concentrer ces enquêtes sur un nombre limité de dossiers, rappelant que la législation mauritanienne fixe à six mois la durée maximale de leurs travaux.
À quelques mois de l'ouverture du dialogue politique national annoncé par les autorités, le président mauritanien a tenu à rassurer les acteurs politiques sur les conditions de son organisation. Il a affirmé qu'aucune pression ne serait exercée ni sur la majorité ni sur l'opposition afin de les amener à modifier leurs positions. Cette déclaration a pour but de conforter la crédibilité d'un processus dont l'objectif affiché est de parvenir à des consensus sur plusieurs réformes institutionnelles et démocratiques.
La question des libertés politiques a également occupé une place importante dans les débats. Évoquant le dossier du parti Forces progressistes pour le changement, toujours dans l'attente d'une autorisation officielle, Mohamed OuldGhazouani a indiqué avoir échangé avec le ministre de l'Intérieur à ce sujet. Il a laissé entendre qu'une issue favorable pourrait être envisagée, une perspective qui serait perçue comme un signal d'apaisement envers certains courants de l'opposition.
Autre sujet sensible débattu a été l'interpellation récente des parlementaires Mariam Cheikh et Gamou Achour. Répondant aux critiques formulées par plusieurs responsables politiques, le chef de l'État a justifié cette décision en invoquant une situation de flagrant délit, tout en défendant le respect des procédures légales.
Au-delà des questions institutionnelles, les préoccupations économiques et sociales ont alimenté les échanges. Face aux inquiétudes liées au coût de la vie et à l'évolution des prix des carburants, le président a défendu les choix du gouvernement. Pour étayer ses explications, il a sollicité l'intervention du président de la commission des hydrocarbures, Ahmed OuldJalfoun, chargé de répondre aux interrogations des dirigeants de l'opposition sur la politique énergétique nationale.
La rencontre s'est conclue par l'annonce de plusieurs mesures destinées à atténuer les difficultés rencontrées par les ménages les plus vulnérables. Sans en détailler le contenu, Mohamed Ould Ghazouani a affirmé travailler à de nouvelles initiatives de soutien social. Il a également indiqué étudier la possibilité d'une levée du couvre-feu toujours en vigueur dans certaines zones du pays, une décision qui serait accueillie favorablement par une partie de la population.
Par sa durée exceptionnelle et la diversité des sujets abordés, cette réunion marque un nouveau pas dans les concertations engagées par les autorités mauritaniennes.
