Afrique du Sud: L'inflation atteint son plus haut niveau depuis près de deux ans

Inflation.

En mai, le taux d'inflation en Afrique du Sud a atteint son plus haut niveau depuis près de deux ans, sous l'effet de la hausse des prix de l'énergie liée au conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran.

Les prix à la consommation ont augmenté de 4,5 % par rapport à l'année précédente, contre 4 % en avril, a indiqué Statistics South Africa. Ce chiffre est inférieur à l'estimation médiane de 4,7 % issue d'une enquête Bloomberg menée auprès de 18 économistes.

L'inflation sous-jacente, qui exclut les postes les plus volatils et est surveillée pour détecter d'éventuels signes de pressions plus généralisées sur les prix, a progressé à 3,8 %, contre 3,6 % en avril. La Banque centrale sud-africaine (South African Reserve Bank) vise un taux d'inflation de 3 %, avec une marge de tolérance d'un point de pourcentage de part et d'autre.

Cette hausse de l'inflation fait suite à la décision prise le mois dernier par la banque centrale de relever son taux directeur de 6,75 % à 7 %. Cette mesure visait à limiter les effets de second tour liés à la hausse des coûts du carburant et des denrées alimentaires.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Toutefois, la baisse des prix de l'énergie suite à l'accord provisoire conclu entre les États-Unis et l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait donner aux décideurs politiques une marge de manoeuvre pour maintenir les taux inchangés en juillet. Le gouverneur Lesetja Kganyago a déclaré au début du mois que la banque prendrait ses décisions réunion par réunion, tout en continuant à privilégier une inflation faible et stable.

Points clés à retenir

Les chiffres de l'inflation sud-africaine pour le mois de mai maintiennent la pression sur la banque centrale, mais ne devraient pas entraîner une nouvelle hausse immédiate des taux. Le taux global a atteint 4,5 %, dépassant ainsi la limite supérieure de la fourchette cible de la SARB, tandis que l'inflation sous-jacente a également augmenté.

Cela montre que les pressions sur les prix ne se limitent pas au carburant. La banque centrale surveillera si la hausse des coûts énergétiques se répercute sur les transports, l'alimentation, les salaires et les prix pratiqués par les entreprises. Mais le contexte de politique monétaire a évolué depuis la hausse des taux de mai. Si la réouverture du détroit d'Ormuz fait baisser les prix du pétrole et des engrais, le choc inflationniste pourrait s'estomper plus rapidement que prévu.

Cela donne à la SARB la marge de manoeuvre nécessaire pour attendre de nouvelles données avant d'agir à nouveau. Le risque est que les anticipations d'inflation augmentent avant que les prix de l'énergie ne se normalisent complètement. Pour les ménages et les entreprises, le problème réside dans la pression sur les coûts.

Des taux plus élevés peuvent contribuer à contenir l'inflation, mais ils augmentent également le coût du service de la dette et freinent les dépenses. La décision de juillet dépendra des prix du pétrole, du rand, du coût des denrées alimentaires et de la poursuite ou non de la hausse de l'inflation sous-jacente.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.