Les Black Stars ont eu besoin de toute leur patience pour faire céder une défense panaméenne solide. Une victoire 1-0 arrachée à la 95e minute qui efface, au moins pour un soir, les doutes accumulés depuis le limogeage d'Otto Addo. Le Ghana a remporté son entrée en Coupe du monde face au Panama (1-0), mercredi soir au Toronto Stadium, grâce à une réalisation tardive de Caleb Yirenkyi dans les ultimes secondes du temps additionnel. Un succès libérateur pour une sélection arrivée au Canada dans un climat tendu, et qui relance ses ambitions dans un groupe L où l'Angleterre et la Croatie restent annoncées comme les principales menaces.
Une préparation chaotique, un test à ne pas rater
Avant même le coup d'envoi, ce premier match avait des allures de test grandeur nature pour les Black Stars. La fédération ghanéenne avait remercié son sélectionneur Otto Addo en avril, après une quatrième défaite amicale consécutive face à l'Allemagne, pour confier les rênes de l'équipe au Portugais Carlos Queiroz à seulement quelques mois du tournoi. Sous sa direction, le Ghana restait sur une série de six matchs sans victoire, et la sélection avait dû en plus composer avec l'absence de Thomas Partey, privé de visa pour le Canada, ainsi que les forfaits sur blessure de Mohammed Kudus et Mohammed Salisu.
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Malgré ce contexte, les Black Stars partaient favoris, emmenés par leur capitaine Jordan Ayew, meilleur buteur ghanéen des éliminatoires avec sept réalisations, et soutenus par Antoine Semenyo et Iñaki Williams. Le Ghana avait d'ailleurs largement dominé son groupe lors des éliminatoires, avant de connaître la déconvenue de rater, pour la première fois en vingt ans, une qualification à la CAN.
Une rencontre verrouillée, un coup dur dans les buts
Sur le terrain, le scénario annoncé d'un match serré s'est largement confirmé. Le Panama, séduisant depuis l'arrivée du sélectionneur danois Thomas Christiansen, a opposé un bloc bas difficile à percer, laissant peu d'espaces aux attaquants ghanéens en première période.
La situation s'est compliquée pour le Ghana au retour des vestiaires, lorsque le gardien Lawrence Ati Zigi a dû céder sa place sur blessure, probablement touché à l'aine après un choc avec un joueur panaméen. Son remplaçant, Benjamin Asare, s'est révélé décisif en multipliant les parades pour maintenir le score vierge.
Le sursaut de Queiroz et la libération de Yirenkyi
C'est à la 57e minute que Carlos Queiroz a lancé son équipe vers l'avant, en faisant entrer Abdul Fatawu et Brandon Thomas-Asante à la place d'Ernest Nuamah et Kamaldeen Sulemana. Ce double changement a redonné du tonus à l'attaque ghanéenne, qui s'est montrée plus tranchante dans le dernier quart d'heure sans parvenir, dans un premier temps, à trouver la faille. Thomas-Asante a même cru ouvrir le score après s'être échappé en profondeur, avant que le hors-jeu ne soit signalé.
Le scénario s'est finalement débloqué dans les arrêts de jeu, alors que l'arbitre avait accordé six minutes additionnelles. Caleb Yirenkyi a inscrit le but de la victoire à la 95e minute, déclenchant des scènes de liesse côté ghanéen et de vives protestations côté panaméen, le gardien Orlando Mosquera ayant lui-même rejoint l'attaque dans les derniers instants pour tenter d'éviter la défaite.
Un soulagement avant deux écueils majeurs
Cette victoire arrive à point nommé pour des Black Stars qui n'avaient plus connu le succès depuis plusieurs mois et qui jouaient gros dès ce premier rendez-vous, conscients que l'Angleterre et la Croatie figurent parmi les épouvantails du groupe L. Avec ces trois points, le Ghana prend une option sérieuse sur la course à la meilleure troisième place et aborde dans de meilleures dispositions ses deux prochaines sorties, qui s'annoncent nettement plus périlleuses face aux deux grandes nations du groupe.
