L'ex-président sénégalais, Macky Sall, effectuera le 17 juillet 2026 une visite de quelques heures à Dakar, la première depuis son départ du pouvoir en 2024, a-t-il annoncé dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.
Selon ses services, l'objectif principal de ce déplacement est de rencontrer le président Bassirou Diomaye Djakkar Faye, afin d'obtenir le soutien officiel du Sénégal à sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Il doit ensuite se rendre à Banjul dans le cadre de sa campagne diplomatique sous-régionale.
Déposée le 2 mars 2026 par le Burundi au nom de l'Union africaine, la candidature de Macky Sall n'a pas été endossée par les autorités sénégalaises. Le 27 avril, la mission permanente du Sénégal auprès de l'Ua a rappelé qu'elle "n'a, à aucun stade, endossé la candidature". En février, c'est le Président Diomaye Faye, lui-même, qui avait fait état de "pressions de pairs africains" mais, il avait estimé ne pas pouvoir apporter de soutien "par respect pour la stature diplomatique du Sénégal ". Puisque qu'il n'avait pas été saisi par l'intéressé pour solliciter le portage institutionnel de sa candidature. Le Chef de l'État sénégalais a toutefois assuré que le pays "ne fera rien pour torpiller" la candidature.
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Le 7 juillet, Diomaye Faye et le Président gambien, Adama Barrow, ont reçu à Dakar l'ex-Président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embaló, présenté comme l'un des principaux soutiens de Macky Sall. Selon le journaliste Madiambal Diagne, les discussions portaient sur le soutien à la candidature à l'Onu et "les lignes bougent" sur la position de Dakar.
Un deal anti-Pastef dans l'air...
La visite intervient alors que le président Diomaye Faye s'apprête à lancer son propre parti, dans un contexte de tensions avec l'ex-Premier ministre et actuel président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko et le Pastef. Le 29 juin, une révision constitutionnelle interdisant au président de diriger un parti a été adoptée par le Parlement avant d'être retoquée par le Conseil constitutionnel suite à la demande du Président d'en examiner la conformité juridique.
Sur ce dossier, certains cadres de l'Apr, parti de Macky Sall, se sont alignés sur la position présidentielle après avoir envoyé des pics à Diomaye Faye. Le 28 avril, lors du vote de la loi sur les articles L29 et L30, Abdou Mbow, président du groupe parlementaire Apr (parti de l'ex-Président de la République, Macky Sall), a critiqué le chef de l'État, l'accusant de "manque de courage" et de "complicité" dans une "forfaiture électorale". Il l'a également invité à faire barrage et à soumettre le texte au référendum.
Des analystes estiment qu'un soutien frontal de Macky Sall à la création du parti présidentiel est improbable. Ils privilégient plutôt une "neutralité bienveillante" de l'Apr en échange d'un geste sur la candidature à l'Onu et sur l'avenir juridique du parti de l'ex-Président, visé par une pétition demandant sa dissolution.
