Sénégal: Les familles de victimes en colère à l'annonce de la rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall

Un manifestant avec le drapeau sénégalais sur la place de la Nation à Dakar lors d'un rassemblement contre un éventuel 3e mandat de Macky Sall, à l'appel de la plateforme d'opposition F24, le 12 mai 2023.

Au Sénégal, la visite de l'ex-président Macky Sall à Dakar vendredi 17 juillet pour tenter d'obtenir le soutien de son pays à sa candidature au poste de secrétaire général de l'ONU fait réagir au sein de la société civile. Si le réseau des universitaires républicains (RUR) salue cette rencontre entre Macky Sall et son successeur, c'est un autre son de cloche du côté des associations qui soutiennent les familles des victimes de la répression politique sous le régime de Macky Sall.

Fraîchement élu, le président Bassirou Diomaye Faye avait promis que la justice et l'indemnisation des victimes des manifestations entre 2021 et 2024 sous Macky Sall seraient une priorité nationale. Deux ans plus tard, aucun procès n'a eu lieu, les indemnisations sont très partielles.

À la tête de l'un des collectifs des victimes du régime de Macky Sall, Boubacar Seye trouve choquant que le responsable politique associé à cette période violente soit reçu comme si de rien n'était. « La mémoire ne peut pas être sacrifiée sur l'autel de la diplomatie. Aujourd'hui, des familles pleurent toujours leur enfant, des blessés portent encore les séquelles de la répression et des détenus arbitraires n'ont pas eu réparation. »

« Personne ne devrait soutenir un homme avec un bilan aussi désastreux »

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Les associations de défense des familles de victimes appellent le chef de l'État à honorer sa promesse de rendre justice aux victimes. Le directeur d'Amnesty International au Sénégal, qui assiste 67 familles de victimes présumées dans leurs démarches devant la justice, va plus loin. Pour Seydi Gassama, Macky Sall ne peut pas être secrétaire général de l'ONU du fait de son bilan en termes de droits humains: « Il y a eu plus de 67 personnes tuées. Aucun pays ne devrait soutenir un pays qui a eu un règne aussi sanglant. Jamais dans l'histoire du Sénégal, même au temps du parti unique de Senghor dans les années 1960, on n'a connu une telle répression. Personne ne devrait soutenir un homme avec un bilan aussi désastreux. »

Mercredi encore le Pastef au pouvoir, tout comme la présidence, sont restés silencieux sur cette visite éclair de Macky Sall vendredi.

Mais le Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (Frapp), mouvement proche du Pastef, a quant à lui dénoncé dans un communiqué une démarche qu'il juge profondément inacceptable. Il rappelle que l'actuel président Bassirou Diomaye Faye a lui-même été victime de la situation politique et judiciaire à l'époque de Macky Sall. Dans ces conditions, ajoute le Frapp, un soutien à une candidature de l'ancien président à une haute fonction internationale ne saurait être envisagé, avant que les attentes des victimes ne soient prises en compte et que la justice n'ait pleinement joué son rôle.

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