La mission conjointe des émissaires de l'ONU et de l'UA a pris fin hier. Au-delà de la coordination de leur démarche, les organisations internationales engagées dans l'accompagnement du dossier Madagascar harmonisent également leur discours.
Une ligne commune. À en juger par les déclarations et la démarche engagée la semaine dernière, les organisations internationales impliquées dans l'accompagnement du retour à l'ordre constitutionnel à Madagascar parlent désormais d'une même voix.
La mission conjointe de l'Organisation des Nations unies (ONU) et de l'Union africaine (UA), qui a pris fin hier, en est une illustration. Il s'agit d'une première depuis le changement de pouvoir intervenu en octobre 2025. La délégation était conduite par Mohamed Idriss Farah, envoyé spécial du président de la Commission de l'UA pour Madagascar, et Parfait Onanga-Anyanga, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies auprès de l'UA. Tous deux ont multiplié les consultations avec les acteurs de la scène politique malgache depuis le 12 juillet.
La mission conjointe de l'ONU et de l'UA a quitté le pays sans faire de déclaration. La presse n'a, par ailleurs, été conviée à aucune de leurs rencontres avec les acteurs malgaches. Selon un communiqué de la Primature rendant compte de leur entretien avec le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, vendredi, leur mandat consiste à accompagner la Grande Île dans le processus de refondation.
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Selon plusieurs sources, sauf changement, une nouvelle mission conjointe devrait être organisée en août ou en septembre. Cette fois, la délégation devrait être tripartite. Une équipe de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) devrait rejoindre celles de l'ONU et de l'Union africaine.
Dans un premier temps, le Comité des sages de la SADC avait été dépêché à Madagascar pour une mission de constatation des faits. Le Sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de la SADC, le 29 juin, a ensuite élargi son mandat « afin qu'il inclue la réconciliation, la réforme électorale ainsi que les préparatifs du référendum et des élections législatives ». Une mission qui recoupe également celle de la délégation conjointe de l'ONU et de l'UA.
Retour à l'ordre constitutionnel
Cet accompagnement du retour à l'ordre constitutionnel dans la Grande Île est rappelé dans le communiqué faisant état de la rencontre entre la mission conjointe et Siteny Randrianasoloniaiko, président de l'Assemblée nationale, vendredi. « Ils ont émis le souhait que le processus pacifique menant aux élections se poursuive et, surtout, le retour de Madagascar au sein de la famille de l'Union africaine », indique le communiqué.
Depuis le changement de pouvoir du 13 octobre 2025, Madagascar est suspendu de toutes les activités de l'Union africaine. Cette suspension a été décidée par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA le 15 octobre. À l'issue d'une rencontre avec le colonel Michaël Randrianirina, chef de l'État, à Antananarivo, le 1er février, l'envoyé spécial du président de la Commission de l'UA avait déclaré que le retour à l'ordre constitutionnel, à travers une élection présidentielle, constituait la condition du retour de la Grande Île au sein de l'organisation continentale.
Au-delà de la coordination de leur médiation, les organisations internationales impliquées dans le dossier malgache harmonisent également leur position et leur discours. L'exigence d'un retour à l'ordre constitutionnel en est une illustration. Si cette position est constante de la part de l'UA, appuyée par l'ONU, elle est également mise en avant dans le communiqué du Sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de la SADC.
« Le Sommet a rappelé l'importance de préserver l'État de droit et la gouvernance démocratique, en affirmant qu'il est attendu que les réformes rétablissent l'ordre constitutionnel et conduisent à la mise en place d'un gouvernement démocratiquement élu, respectueux de la volonté du peuple malgache», indique le communiqué de l'organisation régionale publié le 29 juin.
L'autre point de convergence entre les trois organisations internationales concerne le caractère inclusif du processus de refondation et de la concertation nationale.
Cette exigence d'inclusivité a été soulignée lors de la rencontre entre les émissaires des Nations unies et de l'Union africaine avec le Premier ministre, vendredi. Elias Magosi, secrétaire exécutif de la SADC, a également insisté sur ce point dans son discours d'ouverture de la 28e réunion du Comité ministériel de l'Organe chargé de la coopération en matière de politique, de défense et de sécurité de la SADC, tenue jeudi au Malawi. Des propos qui font écho au communiqué du Sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de l'organisation régionale.
