Zimbabwe - Le Projet de production alimentaire d'urgence obtient des résultats transformateurs, renforce l'agriculture climato-intelligente et permet une récolte de blé record

21 Juillet 2026
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African Development Bank (Abidjan)
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Plus de 188 000 familles d'agriculteurs au Zimbabwe ont amélioré leur production alimentaire et renforcé leur résilience grâce à un programme agricole d'urgence d'une durée de quatre ans. Ce programme a contribué à générer des récoltes de blé record, à développer l'agriculture climato-intelligente et à débloquer des millions de dollars de financements du secteur privé pour les intrants agricoles.

Le Projet de production alimentaire d'urgence mis en oeuvre au Zimbabwe a été financé à hauteur de 25 millions de dollars par la Banque africaine de développement à travers sa Facilité d'appui à la transition. Il a permis de fournir des intrants agricoles de qualité, des technologies agricoles climato-intelligentes et des services de vulgarisation améliorés, tout en promouvant une agriculture climato-intelligente sur une surface de 153 000 hectares. Le projet a également contribué à accroître la production de maïs et de graines de tournesol tolérants à la sécheresse et à atteindre un rendement moyen de blé de cinq tonnes par hectare.

Le gouvernement du Zimbabwe, la Banque africaine de développement et son partenaire de mise en oeuvre, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), ont célébré la semaine dernière la réussite de cette initiative, qui a transformé une réponse d'urgence aux crises alimentaires mondiales en un investissement à long terme dans la résilience agricole et la souveraineté alimentaire.

Lancé en 2022 pour faire face aux conséquences combinées de la pandémie de Covid-19, du conflit russo-ukrainien et des perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales, ce projet avait pour objectif de préserver la production alimentaire du Zimbabwe tout en renforçant les systèmes agroalimentaires du pays. Le projet a été clôturé le 30 juin 2026, ses résultats soulignant les avantages d'investissements coordonnés et de partenariats solides.

Une mise en oeuvre à grande échelle : des résultats qui parlent d'eux-mêmes

L'une des initiatives phares du projet, à savoir le Fonds de roulement pour la production et la commercialisation des semences, mis en oeuvre par l'intermédiaire de l'institution de financement du développement AFC Land and Development Bank of Zimbabwe, a soutenu plus de 90 957 agriculteurs, dont environ 33 108 femmes, dans des projets d'irrigation. Il a enregistré un taux de remboursement de prêts supérieur à 90 %, démontrant la solvabilité des petits exploitants agricoles.

« Le Fonds de roulement pour la production et la commercialisation des semences est le modèle à suivre pour rompre le cycle de dépendance et favoriser une véritable appropriation par les agriculteurs », souligne Obert Jiri, secrétaire permanent au ministère de l'Agriculture, de la Mécanisation et du Développement des ressources en eau, lors de l'atelier de clôture du projet. « Il ne s'agit pas simplement de la conclusion d'un projet de 25 millions de dollars : c'est une célébration de la résilience, un témoignage de la puissance des partenariats stratégiques et une étape fondamentale dans notre parcours de transformation vers la Vision 2030. »

Contrairement à de nombreux programmes d'intervention d'urgence qui se concentrent principalement sur la distribution d'intrants agricoles, ce projet a adopté une approche intégrée qui a renforcé l'accès au financement, aux services numériques, à la gestion post-récolte et aux capacités institutionnelles.

« Alors que l'objectif était de 180 000 agriculteurs, ce projet en a touché plus de 188 000, les femmes représentant 60 % des bénéficiaires, un chiffre bien supérieur à notre objectif de 40 % », remarque Eyerusalem Fasika, cheffe du bureau pays du Groupe de la Banque africaine de développement au Zimbabwe. « Ce ne sont pas simplement des chiffres sur une page : ils représentent des familles d'agriculteurs qui ont adopté de nouvelles pratiques, accédé à des financements et qui en récoltent aujourd'hui les fruits. »

Le projet a également modernisé la prestation de services agricoles grâce à la plateforme d'enregistrement des agriculteurs IDEA, créant une base numérique pour les services de vulgarisation et la gestion des données agricoles. Afin de réduire les pertes post-récolte (une perte régulière de revenus pour les agriculteurs), il a fourni des silos pour céréales métalliques, des batteuses, des humidimètres et du matériel de transformation des huiles, tout en soutenant l'Institut des services semenciers (« Seed Services Institute ») et l'Institut de sélection des plantes (« Crop Breeding Institute »), ce qui a permis de renforcer la production nationale de semences et de réduire la dépendance aux importations.

Le programme a poursuivi le développement de l'accès au financement agricole grâce à un dispositif de garantie partielle de crédit géré par le Mécanisme africain de financement du développement des engrais (MAFDE) de la Banque, en partenariat avec le Fertiliser and Seeds Group (FSG). Cette facilité a dépassé son objectif initial de 15 millions de dollars pour atteindre plus de 44 millions de dollars de ventes d'engrais, permettant la distribution de plus de 80 000 tonnes d'engrais par l'intermédiaire de 23 agents du secteur privé et de l'AFC.

« Pour la FAO, ce projet est passé d'une intervention d'urgence à une initiative transformatrice dont les retombées dépassent largement le cadre de l'aide d'urgence », salue Patrice Talla, coordinateur sous-régional de la FAO pour l'Afrique australe et représentant au Zimbabwe. « Le projet a contribué de manière significative à la mise en place de systèmes agroalimentaires plus résilients, inclusifs et axés sur le marché, tout en posant des bases solides pour une transformation agricole durable et la sécurité alimentaire au Zimbabwe. »

Les enseignements tirés et les modèles de financement développés dans le cadre du projet contribuent désormais à façonner la deuxième Stratégie 2026-2030 pour l'agriculture, les systèmes alimentaires et la transformation rurale du Zimbabwe (« Zimbabwe's Agriculture, Food Systems and Rural Transformation Strategy 2 »), qui vise à bâtir un secteur agricole d'une valeur de 15,8 milliards de dollars d'ici à 2030 et à porter la contribution de l'agriculture au PIB à un niveau compris entre 12 et 15 %.

La Banque africaine de développement a réaffirmé son engagement en faveur de la prochaine phase de transformation, notant que la clôture de cette phase offrait l'occasion de dresser le bilan de quatre années de partenariat et d'en tirer des enseignements pour l'avenir.

Pour en savoir plus sur l'impact du projet :

https://www.afdb.org/en/success-stories/seeds-change-how-climate-smart-farming-transforming-lives-mushandike-zimbabwe-91249

Vidéo de bénéficiaires :

Photos de l'avancement du projet :

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